‹ Histoire de la Terreur, d'après des documents authentiques et inédits (volume 5)Chapitre 118 sur 279 · T. III, p. 20 et · texte numérisé non relu

T. III, p. 20 et

Rien n'était préparé dans ce triste séjour pour la réception de ses nouveaux hôtes. Mais, dès le lendemain , le patriote Palloy , ce maçon qui avait démoli la Bastille et qui eût de même démoli les Tuileries si on l'avait laissé faire, se mit à l'œuvre pour disposer dans la grosse tour le logement définitif de la famille royale. Il fit abattre tous les bâtiments qui entouraient cet édifice, exhausser le mur d'enceinte, boucher toutes les fenêtres ouvrant sur la partie de l'enclos du Temple appelée la Rotonde.

Les femmes de la reine et de la famille royale, qui les avaient accompagnées aux Feuillants, avaient obtenu l'autorisation de les suivre dans leur nouvelle demeure; deux fidèles serviteurs, Hue et Chamilly, avaient pu ne pas quitter Louis XVI. Mais, six jours après, la Commune, à laquelle l'Assemblée législative avait remis le soin exclusif de veiller à la garde des prisonniers, prit un arrêté aux termes duquel toutes les personnes, « qui n'étaient pas membres de la famille Capet, » durent être amenées à sa barre et de là transférées dans d'autres prisons1. Par exception, Hue obtint la permission de retourner auprès du roi, et resta quelques jours à peu près seul chargé de tout le service de la famille royale. Le 26 août, Cléry, l'un des anciens valets de chambre du jeune prince, fut admis à l'aider et bientôt à le remplacer; car, le 2 septembre, on conduisit de nou-

1 . Voir dans les Souvenirs de quarante ans le récit que Mu* de Tourzel fait de sa comparution dans la salle des délibérations de la Commune. Voir aussi, t. III, note XV, la notice que nous avons consacrée à M™* de Lamballe et aux autres dames de la reine.

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