‹ Histoire de la Terreur, d'après des documents authentiques et inédits (volume 5)Chapitre 14 sur 279 · LIVRE XIX · texte numérisé non relu

LIVRE XIX

sens. Barbaroux, l'un des intimes des maisons Clavière et Roland , reprend cette proposition pour son propre compte. Il est appuyé par Louvet, Lacroix et Barère, et le jour même, l'Assemblée décrète que « les comités de sûreté générale et de la guerre examineront la conduite du général Montesquiou, ainsi que la convention qu'il a conclue avec la république de Genève , pour du tout être fait un rapport dès le lendemain1. »

Le 9, au début de la séance, la Convention reçoit la communication d'un nouveau traité conclu entre Montesquiou et les délégués du grand Conseil de Genève , à la date du 2 novembre, dans lequel toutes les clauses qui avaient froissé la susceptibilité du pouvoir exécutif étaient effacées. Le général, en envoyant cette nouvelle pièce diplomatique, insistait de nouveau pour que le gouvernement français fît à la Suisse toutes les concessions compatibles avec sa dignité ; car il est évident, écrivait-il, « que rien ne peut, mieux que notre mésintelligence avec l'Helvétie, servir les intérêts du Piémont, quand, au printemps, il essayera de prendre la revanche des défaites qu'il vient d'éprouver. » Les raisons de Montesquiou ne devaient produire aucun effet; il était condamné d'avance.

Quelques instants après la lecture de ces pièces, le rapporteur des deux comités, Rovère, présente un rapport, ou plutôt une violente diatribe, où il énumére avec complaisance et exagération les griefs que les ultra-révolutionnaires pouvaient avoir contre le général en chef de

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