‹ Histoire de la Terreur, d'après des documents authentiques et inédits (volume 5)Chapitre 142 sur 279 · III · texte numérisé non relu

III

Les amis de Robespierre n'avaient pas eu de peine à comprendre ce qui se cachait sous le langage si plein d'abnégation de l'astucieux tribun. Avec les mots d'ostracisme, de souveraineté du peuple méconnue, ils agitent les sections et organisent un pétitionnement général contre le décret du 16 décembre. Cette fois, l'initiative du mouvement est prise par la section des Gardes-Françaises (ci-devant du Louvre) et par celle des Piques (ci-devant de la place Vendôme)1. Dès le 18 décembre, quinze autres sections se joignent à elles. Le même jour, le Conseil général de la Commune se déclare en permanence, provoque l'envoi à l'Hôtel de Ville de quarantehuit délégués, et désigne deux de ses membres pour diriger les débats de cette réunion extraordinaire2.

Les délégués des sections et les commissaires de la Commune se réunissent, le 19, de grand matin. Avant midi, l'adresse est rédigée; le Conseil général l'adopte, et ie maire Chambon reçoit la mission d'aller la présenter à la Convention, suivi du Conseil tout entier. Le successeur de Pétion , depuis quinze jours à peine en

1. Cette dernière section était, nous avons déjà eu occasion de le faire remarquer, complètement dans la main de Robespierre qui, sans traître très-exactement à ses séances, la gouvernait par l'intermédiaire de son hôte, le menuisier Duplay, et de son ami, le marchand de papiers Arthur.

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