‹ Histoire de la Terreur, d'après des documents authentiques et inédits (volume 5)Chapitre 144 sur 279 · LIVRE XXII · texte numérisé non relu

LIVRE XXII

ébranlés par l'attitude menaçante des tribunes et Fannonce de la manifestation préparée à l'Hôtel de Ville.

Répondant à Bourdon, Buzot est loin de tenir le langage énergique que Larivière et Kersaint ont fait entendre le matin. « Je crois, dit-il, que dans une question aussi délicate il faut mettre de la bonne foi de part et d'autre. Ce ne sont pas les passions qui doivent lutter ici , mais l'amour du bien public. On devrait regarder comme des jours malheureux ceux où l'on rapporte des décrets. La versatilité de notre conduite est le thermomètre des troubles x publics. Cependant, quoiqu'on ait employé huit heures à discuter le décret que j'ai proposé dimanche, si on me prouve que je me suis égaré dans les motifs de mon opinion, je demanderai moi-même à la Convention de revenir sur son vote. Mais j'ai besoin d'être éclairé; il faut donc que la discussion se réengage de nouveau; elle devra porter sur l'ensemble des deux questions. A la rigueur, on pourrait admettre, avec Rewbell , que le décret fût ajourné jusqu'après le décret à prendre par la Convention sur le sort de l'ex-roi; car peu m'importe à quelle époque le décret soit rendu , pourvu qu'après le jugement de Louis XVI, je ne voie pas derrière le rideau celui qui doit lui succéder. »

Le débat s'engage donc sur toutes les questions à la fois, aussi bien sur celle résolue que sur celle réservée le i6 décembre. Fayau (de la Vendée) lit un discours

dans lequel il examine longuement ces deux points : La Convenlion peut-elle retirer à un de ses membres les pouvoirs qu'il tient du souverain? Un individu, par cela même qu'il appartient à une famille de tyrans et de traîtres, doit-il être banni d'une société qui a juré l'égalité devant la loi? « Quoi, s'écrie l'orateur, les crimes seraient héréditaires, lorsque vous avez déclaré que vous ne reconnaissiez pas l'hérédité des vertus! C'est au moment même où les princes émigrés assiègent notre frontière que vous voulez punir du malheur de sa naissance celui qui est resté au milieu de nous, celui qui a envoyé ses (ils défendre les droits du peuple le mousquetsur l'épaule ! Citoyens, je ne suis point le panégyriste des Bourbons, ni l'intime de Philippe-Égalité; je ne connais ce dernier qu'autant qu'il faut pour être son assassin s'il cessait d'être ce qu'il a été jusqu'ici. Oui, Philippe, je te jure que ce n'est ni toi ni les tiens que je défends , c'est la justice. »

Au moment où Fayau conclut au rapport du décret, le président Defermon annonce que le maire de Paris, à la tête d'une députation nombreuse, sollicite la faveur de présenter une pétition.

L'Assemblée était peut-être déjà déterminée à revenir sur la mesure dont on venait lui demander le sacrifice, mais elle tenait à s'épargner la honte de paraître subir les injonctions de la Commune; de toutes parts on réclame l'ordre du jour, ce qui implique naturellement le refus de recevoir la députation. Il est voté à une immense majorité.

Les lu 4 membres du Conseil général et les 48 com-

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