LIVRE XXil
scrutin, par oui ou par non, sur la confirmation de la peine prononcée par la Convention?
et On a parlé de discordes, d'intrigues, de guerre civile. Des discordes! on a donc pensé que les agitateurs exerçaient dans les départements le même empire qu'une honteuse faiblesse les a laissés usurper à Paris. Ces hommes pervers se sont bien répandus sur la surface de la République; mais partout ils ont été repoussés avec mépris, partout on a donné le plus insigne témoignage de respect pour la loi, en ménageant le sang impur qui coule dans leurs veines. Des intrigues! Eh quoi! suivant certains orateurs, la majorité de la nation serait composée d'intrigants! Ils calomnient le peuple que, dans d'autres circonstances, ils flagornent avec tant de bassesse ; à les entendre il n'y aurait dans toute la République de vraiment purs, de vraiment vertueux, de vraiment dévoués au peuple, à la liberté, qu'eux-mêmes et peutêtre une centaine de leurs amis qu'ils auront la générosité d'associer à leur gloire. Ainsi, pour qu'ils puissent fonder un gouvernement digne des principes qu'ils professent, il faut transformer la France en un vaste désert et l'abandonner dès à présent aux conceptions sublimes de leur politique meurtrière.
« La guerre civile! mais n'avez vous pas décrété, et en cela vous avez fait votre devoir, n'avez-vous pas décrété que le décret qui abolit la royauté et établit une constitution républicaine, serait soumis à la sanction du peuple? Vous n'avez pas craint ces intrigues, ces discordes, cette guerre civile pour ce décret; pourquoi tant de sécurité dans un cas et tant de crainte dans un autre?
soyez conséquents dans vos frayeurs ou renoncez à nous persuader de leur sincérité.
« On a senti combien il serait facile de dissiper tous ces fantômes, dont on a voulu vous effrayer ; pour atténuer d'avance la force des réponses que l'on prévoyait, on a eu recours au plus lâche, au plus vil des moyens, à la calomnie. On a représenté ceux qui ont adopté l'opinion de Salles comme des conspirateurs contre la liberté, des amis de la royauté!...
(i On nous accuse ! ab ! si nous avions l'insolent orgueil ou l'hypocrite ambition de nos accusateurs; si, comme eux, nous aimions à nous targuer du peu de bien que nous avons fait, nous dirions avec quel courage nous avons constamment lutté contre la tyrannie des rois, et contre la tyrannie plus dangereuse encore des brigands, qui, dans le mois de septembre, voulurent fonder leur puissance sur les débris du trône. Nous dirions que nous avons concouru, au moins par notre suffrage, au décret qui a fait disparaître la distinction aristocratique entre les citoyens actifs et inactifs, et appelé également tous les membres du corps social à l'exercice de la souveraineté. Nous dirions surtout que, le 10 août, nous n'avons quitté ce fauteuil que pour venir à cette tribune proposer le décret de suspension <le Louis, tandis que tous ces vaillants Bru tus, si prêts à égorger les tyrans désarmés, ensevelissaient leurs frayeurs dans des souterrains et attendaient l'effet du combat que la liberté livrait au despotisme...
« La guerre civile ! ceux qui la veulent, ce sont ceux qui font un précepte de l'assassinat, qui appellent les