‹ Histoire de la Terreur, d'après des documents authentiques et inédits (volume 5)Chapitre 199 sur 279 · LIVRE XXIII · texte numérisé non relu

LIVRE XXIII

quelques phrases banales. Mais les Montagnards, qui se sentent, par extraordinaire, sur le terrain de la stricte légalité, entendent bien profiter de la circonstance pour forcer leurs adversaires à dévoiler leurs projets définitifs. « Il est temps, s'écrie Robert, que la Convention nationale se montre aussi franche que les habitants de Paris; ii est temps qu'elle s'occupe des mesures à prendre sur les forces déployées dans les départements. Nous avons délibéré en principe l'organisation d'une force armée pour le service de l'Assemblée nationale. Pendant deux mois cette question a constamment été à Tordre du jour. Je demande qu'on la discute demain. »

Fidèles à la tactique qu'ils ont adoptée, les Girondins s'opposent à la prise en considération de la motion de Robert. En novembre1, c'était Buzot, le rapporteur même de la loi, qui avait demandé que l'on ajournât le débat sur la garde départementale , sous prétexte qu'il y avait des questions plus urgentes à résoudre. Aujourd'hui, c'est Rouyer qui veut que l'on sursoie à cette même discussion jusqu'après le procès du roi! Mais il dévoile toute la pensée de la Gironde lorsqu'il s'écrie : « Vous avez décrété le principe de l'organisation d'une force départementale, il ne vous reste plus qu'à l'organiser; mais, pour cela, il faut que vous l'ayez! »

Couthon et Chaudron-Rousseau, s'emparant de cet aveu, demandent que la Convention se fasse faire un rapport sur toutes les adresses départementales, « qui contiennent une usurpation manifeste du pouvoir législatif.' »

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