‹ Histoire de la Terreur, d'après des documents authentiques et inédits (volume 5)Chapitre 200 sur 279 · T. IV, page · texte numérisé non relu

T. IV, page

Il devenait de plus en plus difficile aux Girondins de refuser à leurs adversaires une explication catégorique. Buzot, dont ses amis ne peuvent retenir l'ardeur juvénile, court à la tribune. « Les adresses qu'on vous dénonce, dit-il, sont très-nombreuses; il y en a mille du même genre qui sont déposées au Comité de correspondance. Mais que résulte-t-il de toutes ces délibérations? C'est que, dans les départements, même les plus éloignés de Paris, on est très-bien renseigné sur la situation où nous sommes. On n'a pas eu besoin d'instigations étrangères; il a suffi de connaître, par vos décrets, l'état affreux où est Paris. » — De violents murmures partis de la Montagne interrompent l'orateur. — « Vos décrets n'apprennent-ils pas chaque jour à tous que les autorités constituées ne sont pas respectées dans cette ville, et que vous ne pouvez pas y faire exécuter les lois? Souvenez-vous du rapport qu'est venu vous faire récemment le maire, ici, à votre barre ; c'est la seule pièce de conviction que je veuille vous opposer. « Cent « vingt et un mille hommes, vous a-t-il dit, composent « la garde de Paris ; mais, s'il y a beaucoup d'hommes « inscrits, la force réelle est insuffisante, parce que le « plus grand nombre se dispense du service. » Oui, je vous le dis, la capitale est dominée par une poignée d'hommes turbulents. Dans des sections qui contiennent trois à quatre mille citoyens, vingt-cinq seulement forment l'assemblée et parlent au nom de tous. Ces hommes audacieux sont parvenus à chasser tous les bons citoyens des lieux de réunion. Il n'y a pas un seul homme ayant quelque chose dans cette ville qui ne craigne d'être in-

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