LIVRE XXIV
absents pour cause de maladie, vingt par commission ; six cent quatre-vingt-trois répondent par une affirmation pure et simple1.
Dès que Vergniaud a proclamé le résultat, l'appel nominal commence sur la deuxième question : « Le jugement de la Convention nationale contre Louis Capet sera-t-i) soumis à la ratification du peuple? »
Un assez grand nombre de députés motivent leur vote en des termes et par des considérations qu'il est bon de signaler. Anacharsis Glootz se pique peu de logique, car il s'exprime ainsi : « Je ne connais d'autre
Noël allégua une raison particulière : « Mon fils, dit-il, était grenadier au bataillon des Vosges, il est mort aux frontières en défendant la patrie. Le cœur déchiré de douleur, je ne puis être juge de celui qu'on regarde comme le principal auteur de celte mort. » Noël était un des députés les plus modérés de la Convention. Il fut proscrit comme ami des Girondins et périt sur l'échafaud.
Morisson avait, dès le début du procès, soutenu avec un grand courage la thèse de l'inviolabilité absolue du roi. Voyant cette thèse résolue négativement par le fait de la position des questions, il déclara ne pouvoir voter.
Debourges et Baraillon s'exprimèrent ainsi. Debourges: « Que l'on définisse en quelle qualité on demande mon vote; sinon je ne puis voter. » Barailjon : « Je ne crois pas être ici pour juger des criminels, ma conscience s'y refuse, en conséquence je me récuse. »
Lors de l'appel nominal sur la troisième question, Debourges persista à ne pas vouloir voter; Baraillon vota pour la détention; mais un autre député, Chevalier (de l'Allier), s'étant récusé parce que l'on avait rejeté l'appel au peuple, le nombre des récusations fut le même sur la première et la troisième question, — cinq.
4 . Dans l'énoncé du résultat des quatre appels nominaux donné par le Moniteur, il existe plusiours erreurs. Nous ne suivrons donc pas ce journal , mais bien le procès-verbal officiel de la Convention.
souverain que le genre humain, c'est-à-dire la raison universelle. Je dis non. »
Cambacérès se prévaut d'une usurpation de pouvoir commise par la Convention pour lui en conseiller une autre. « Nous devions aussi renvoyer à la sanction du peuple le décret par lequel nous nous sommes constitués juges de Louis XVI ; nous ne ne l'avons pas fait. Je dis non. »
Treilhard et Pons (de Verdun) déclarent qu'après avoir été favorables, au premier abord, à l'appel au peuple, ils se décident maintenant à voter contre. Quelques représentants 1 font une distinction toute en faveur de l'accusé. Ils déclarent se prononcer pour l'appel au peuple, si l'accusé est condamné à mort; contre, s'il ne l'est pas. Dans ce moment solennel, plusieurs députés, ait lieu de conserver l'impassibilité du juge, ne songent qu'à satisfaire la haine de l'homme de parti. Louvet motive ainsi son vote : « Parce que si, comme on le dit et comme je le crois, il arrive en France beaucoup de guinées anglo-ministérielles, elles sont plus redoutables dans une assemblée de 7/J.9 membres qu'au milieu d'un peuple composé de 25 millions d'hommes; parce que je ne suis que mandataire; parce que la nation seule est souveraine ; parce que je ne veux pas que Louis Capet soit remplacé par Philippe d'Orléans, ni par aucun autre; parce que ce n'est point un jugement que vous
4. Notamment Lanjuinais (d'IIIe-et-Vilaine), Opoix (de Seine-et- Marne), Lacroix (de la Haute- Vienne), Baraillon(de la Creuse), Izoard (des Hautes-Alpes), Lehardi (de la Seine-Inférieure) ; ces six députés votèrent tous contre la mort lors du troisième appel nominal.