Moniteur, n
la lutte de plus en plus vive établie entre ceux qui voulaient voter conformément à la loi et ceux qui s'obstinaient à réclamer et à imposer le vote à haute voix1. Un peu plus de quatorze mille électeurs 2 prirent part au scrutin , les voix se dispersèrent sur une douzaine de candidats. Antonelle et Héraut- Séchelles se trouvaient à la tête de la liste, le premier avec 2,195 voix; le second avec 1,704 voix; puis arrivait, avec un millier de voix, un candidat nouveau dont aucun journal n'avait appuyé la candidature et qui certes, luimême, n'avait rien fait pour se mettre en avant.
H.-F. Lefèvre d'Ormesson avait été, sous l'ancien régime, conseiller au Parlement, maître des requêtes, intendant des finances, un moment contrôleur général et enfin conseiller d'État. Il avait été élu chef de bataillon lors de la formation de la garde nationale en 1789, président de l'un des tribunaux de Paris à la nouvelle organisation judiciaire en 1791. Il avait signé la pétition des vingt mille, et peut-être celle des huit mille. Aussi, dès que son nom apparut à la surface des scrutins, tous les aboyeurs du club des Jacobins s'écrièrent : « Quel est cet homme3? — C'est le représentant de l'aris-
4. A la Halle aux draps, le président s'écrie : a Ceux qui ne voudront pas voler à haute voix n'ont qu'à s'en aller» (Moniteur, n° 300). Au Panthéon, une centaine d'individus déclarent que l'on votera au scrutin public, et que si. par ce fait, le président est mandé à la barre de la Convention, il y sera accompagné par la section entière en armes (Moniteur, n° 299).