‹ Histoire de la Terreur, d'après des documents authentiques et inédits (volume 5)Chapitre 47 sur 279 · LIVRE XX · texte numérisé non relu

LIVRE XX

tocratie qui se réveille» dit Bazire. — C'est un membre gangrené de la partie lépreuse de P ancien régime, ajoute Legendre, c'est un laquais de la monarchie ; de plus, il est myope; il ne distingue pas à quatre pas de lui, il ne sait ni marcher, ni monter à cheval. C'était une honte de l'avoir pour chef de bataillon, et maintenant on veut en faire un maire de Paris! »

Le résultat de ce deuxième scrutin était bien de nature à inquiéter les dictateurs de l'Hôtel de ville. Au même moment ils étaient atteints en pleine poitrine par le célèbre rapport de Roland et la philippique de Louvet contre Robespierre. Ils voyaient leurs violences et leurs malversations dénoncées à la France entière, leur principal défenseur réduit au rôle d'accusé1. Aussitôt, se métamorphosant comme par enchantement, de loups ils deviennent agneaux et se posent en victimes.

Le 30 octobre, le Conseil général, par un arrêté solennel, déclare ne pas vouloir représenter la grande cité de Paris contre le vœu des citoyens dont elle se compose, et invite les sections à se réunir le lendemain, 1er novembre, pour faire connaître si elles le jugent toujours digne de leur confiance. Mais un dernier article de cet arrêté laisse voir le fond de la pensée des meneurs :

4. Voir lorae IV, pages 397 et suivantes, séance de la Convention du 39 octobre.

« Le Conseil espère que, dans tous les cas, les sections lui accorderont au moins le droit de se réunir en bureaux pour suivre la grande opération de la reddition des comptes 4. »

Dès le lendemain, l'attitude du Conseil général se modifie, car il s'est aperçu que ses adversaires , soit dans la Convention, soit parmi la population parisienne, sont moins décidés à agir qu'il ne Ta cru d'abord. Sous prétexte que, par son précédent arrêté, les sections ont été convoquées trop tard, il en prend un nouveau qui remet au samedi , 3 novembre, le vote sur la continuation de ses pouvoirs. Mais le samedi se passe sans qu'il soit question de rien. La semaine suivante, quelques sections isolées envoient une déclaration banale de confiance. Le Conseil général se contente de ce simulacre d'adhésion ; il se garde de publier le recensement des votes, de produire le résultat vrai de son appel au peuple. D'autre part, il fait les avances les plus significatives aux officiers municipaux qui représentent, au sein de l'administration de la capitale, la Commune légale dont il a usurpé les fonctions dans la nuit du 9 au 10 août. Il affecte de ne pas se souvenir que ces officiers municipaux ont eux-mêmes dénoncée la Convention, quelques jours auparavant, l'irrégularité de ses pouvoirs et les désordres de sa gestion2. Par un arrêté du 4 novembre, il les invite à

\. Moniteur, n° 306.

2. Voir, tome IV, pages 256 et 257, le discours que Bidermann prononça le 28 octobre à la barre de la Convention, an nom dn corps municipal.

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