LE PROCÈS DU ROI
De toutes les discussions qui s'élevaient à la Convention comme à la Commune, dans les clubs comme dans les sections, les démagogues tiraient une conclusion, toujours la même : « // faut juger, il faut punir Louis XVI! » Vingt fois déjà, dans nos récits, nous avons parlé incidemment de ce grand procès qui préoccupait tous les esprits, agitait tous les cœurs, exaltait toutes les passions. Après deux mois de retards forcés et d'hésitations volontaires, il s'entame enfin.
Le 6 novembre, Valazé, au nom de la Commission des Vingt-quatre; le 7, Mailhe, au nom du Comité de législation, présentent les deux rapports qui doivent servir de base au jugement du roi *.
4. Un nombre immense de livres, de brochures ont été imprimés sur le procès de Louis XVI; il nous serait impossible d'en donner même la nomenclature. Nous renverrons souvent aux pièces officielles en ne les citant que dans leurs passages les plus importants. Ces pièces se trouvent réunies dans un seul corps d'ouvrage intitulé : Le procès de Louis XVI, ou collection complète des opinions, discours et me-
Les Vingt-quatre avaient été chargés d'examiner les papiers que le fameux Comité de surveillance de la Commune de Paris avait recueillis et qu'il avait été obligé de livrer à la Convention i. Les pièces les plus importantes étaient celles qui avaient été saisies après la journée du 10 août chez La porte et chez Septeuil, l'un intendant, l'autre trésorier de la liste civile; aussi était-ce sur elles que s'appuyait en très-grande partie le travail de Valazé 2.
Dans son œuvre, aussi déclamatoire que désor-
moires des membres de la Convention nationale sur les crimes de Louis XVI, ouvrage publié en l'an III de la République (4795), chez Debarle.
4. Voir tome IV, pages 445 et 447, l'origine et la composition de la Commission des Vingt-quatre. Voici comment sont détaillées, daDS le rapport de Valazé, les précautions prises pour la conservation de ces papiers dont, malgré les ordres formels de la Convention, la Commune de Paris n'avait pas voulu se dessaisir entièrement :
« Le travail de la Commission des Vingt-quatre se faisait en présence des membres du Comité de surveillance et de la municipalité de Paris. Les papiers étaient déposés dans un appartement distinct de celui dans lequel se réunissait la Commission; ils lui étaient apportés par les membres du Comité de surveillance de la Commune, ils étaient, après leur examen, reportés par les mêmes personnes dans un lieu dont la Commission des Vingt-quatre s'était elle-même interdit l'entrée. Deux fois par jour, à la fin de chaque séance, trois scellés étaient apposés sur la porte de cet appartement gardé par des gendarmes. »
Ce passage si caractéristique du rapport de Valazé se trouve omis au Moniteur, on ne peut deviner pour quelle raison. Nous l'avons retrouvé dans le Journal des Débats et décrets, n° 49, page 440, et dans le Procès de Louis XVI, tome Irr, page 4 .
2. Le rapport de Valazé se trouve au Moniteur, n° 342. Les pièces annexées à ce rapport n'occupent pas moins de 125 pages dans le sixième volume du procès de Louis XVI.