‹ Histoire de la Terreur, d'après des documents authentiques et inéditsChapitre 126 sur 267 · SECTION DE BONNE-NOUVELLE · texte numérisé non relu

SECTION DE BONNE-NOUVELLE

« Messieurs, « J'ai l'honneur de vous prévenir que le bataillon de Bonne-Nouvelle vient à Tinstant de partir de la caserne, au nombre de cinq à six cents citoyens de toutes armes, avec canons et drapeaux, sans aucun ordre. On vient de me dire que l'ordre avait été donné par M. Charapprtois, président de l'assemblée de la section Bonne-Nouvelle. Plusieui-s personnes animées paraissent le diriger; quelques-unes môme sont inconnues. Les commandants et officiers ont fait de vains efforts pour les retenir. Ils ont été impuissants. Ils ont dit en partant qu'ils allaient se réunir au bataillon de Saint-Jacques-l'Hôpital. Le tocsin 3onne. « Le commissaire de police,

cr Signé j, Caffin. »

Ce qui se passa dans la section Bonne- Nouvelle dut se reproduire ailleurs. Voici les indications que nous trouvons dans les procès-verbaux relativement aux mouvements de la garde nationale durant la nuit du 9 au iOaoût :

La section de Popincourt, vers une heure du matin, ordonne qu'un rappel sera battu afin que chacun se rende à son poste .

La section du Louvre arrête que tous les citoyens prendront les armes , veilleront pendant la nuit à la sûreté de la ville de Paris, et qu'on demandera à la municipalité des tentes pour faire camper les citoyens armés sur les gazons du Louvre.

La section des Quinze -Vingts ordonne au commandant en second d'assembler le bataillon en armes et de le faire marcher où le dmger d>e la pairie appelle ses défemears.

La section des Invalides requiert le chef de bataillon de ne pas

UVBE VII. J39

réFoIutÎQnnaireg et du club des Jacobins, « on crie aux ariqes, » on frappe aux portes*; dans le reste de la ville, tout est tranquille 2, Ton ne voit dans les rues que des citoyens qui se rendent à leurs bataillons.

Cependant les commissaires nommés parles sections les plus zélées arrivent à la maison commune entre une heure et deux heures du matin. Us occupent la salle qui, depuis une quinzaine de jours , avait été consacrée à recevoir les délégués pour l'adresse à Tarmée, la pétition sur la déchéance et les autres objets pais à Tordre du jour par le bureau de correspondance.

A trois heures, dix-neuf sections sont censées reprér

permettre que les citoyens de la section se réunissent à ceux de l'intérieur, pour former des rassemblements sans ordre.

Dans les déclarations relatives à la conduite spéciale du bataillon des Filles-Saint-Thomas, pendant la nuit du 9 au iO août, déclarations que nous donnons à la fin de ce volume, on voit que Tordre de rappeler fut envoyé par l'état-major, entre dix et onze heures du soir. (Déclarations de Tassin, commandant en premier, de Boscary, commandant en second, de Noël Avril, sous-lieutenant, de J.-B. Jardin, adjudant-major.)

4 . Nous puisons la plus grande partie de ces détails dans les rapports que, d'heure en heure^ le secrétaire du conseil général du déparlement, Blondel, transmettait au procureur-générai-syndic, Rœderer, alors aux Tuileries. Ces rapports ont été imprimés dans la Revup rétrospective j V série, t. I", p. 356 et suivantes.

2. Dans la description de la nuit du 9 au 40 août, que Lucilo Duplessis, femme de Camille Desmoulins, nous a laissée, on lit ce qui suit : « Personne dans la rue, tout le monde était rentré. » (Voir l'intéressante notice sur Camille Desmoulins, publiée par Edouard Fleury, t. P%p. 269.)

La tranquillité de Paris est encore attestée par le rapport que J.-J. Leroux fit à l'Assemblée et que nous citons un peu plus bas.

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sentées^. Huguenin, le président des Quinze-Vingts, s'empare du fauteuil ; il y a tous les droits et personne ne songe à le lui disputer. Tallien, qui avait déjà tenu la plume lors de l'adresse demandant la déchéance, se trouve à point nommé pour remplir les fonctions de secrétaire.

Entre trois et sept heures, moment où les soi-disant commissaires , revêtus de prétendus mandats extraordinaires^, consommèrent déûnitivement l'usurpation de tous les pouvoirs, de combien s'accrut le chiffre primitif de dix-neuf? Probablement de quatre ou cinq, au plus de neuf; car il est incontestable que vingt sections au moins ne furent pas représentées.

Maintenant quels étaient ces soixante-dix ou quatrevingts individus qui venaient de s'introduire subrepticement dans une des salles de l'Hôtel de Ville?

Ètaient-ce les coryphées du parti démagogique, ceux que, depuis un an, soit aux Jacobins, soit dans les sections, soit à la barre de l'Assemblée, l'on avait vus à la tête du mouvement ultra-révolutionnaire? Nullement. La section des Quinze-Vingts avait bien, il est vrai, mis les commissaires sous la sauvegarde du peuple; mais malgré cette déclaration, il pouvait y avoir quelque danger à être pris en flagrant délit de conspiration ; aussi

\. Voir le procès-verbal de la section de T Arsenal , à la fin de ce volume.

2. Un certain nombre de sections qui étaient soi-disant représentées dans celte réunion n'avaient donné à leurs commissaires des pouvoirs que pour s'informer, el non pour agir; d'autres avaient entouré les leurs de réspn es très-significatives. (Voir le Résumé général des délibérations des sections, donné à la fin de ce volume.J •

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