LIVRE VII. Î3Î
à se porter aux tours des églises pour répéter le signal qui leur arrive, sans qu'ils sachent souvent d'où il vient et ce qu'il signifie*.
Au son du tocsin se mêle bientôt le bruit des tambours dont les uns battent la générale et les autres le rappel ; la générale est battue pour le compte de l'émeute, le rappel pour le compte de la résistance légale 2.
Les bataillons se réunissent sans savoir ce qu'on leur veut et à quels ordres ils doivent obéir. Une fois rassemblés, ils sont harangués par leurs chefs, mais aussi par des meneurs qui prêchent insolemment la désobéissance aux ordres de l'état-major, surexcitent les rancunes et les animosités des citoyens-soldats déjà fort divisés entre eux.
Certains bataillons se dirigent vers le Château, d'auti'es vers l'Hôtel de Ville; beaucoup, par prudence et ne sachant vers quel côté pencher, restent dans leurs quartiers; mais naturellement, comme il n'y a ni ordre ni discipline, ils fournissent et à la défense et à l'insurrection des soldats isolés*.
4 . Nous voyons : 4<* dans le procès-verbal de la section des Invalides, que Ton ordonna de poser une garde à l'église pour empêcher que le tocsin ne fût sonné; %** dans celui de la section de Montceuil, qu'à deux heures et demie du matin, l'église fut envahie par les émeutiers.
2. Les ordres donnés par Mandat, et plus tard par La Che-naye, pour faire venir la garde nationale au secours du Château, arrivèrent dans tous les quartiers a peu près en môme temps que les instructions données par les chefs de l'insurrection à leurs afiidés pour réunir les frères et amis au son de la générale.
3. Nous avons retrouvé une lettre qui indique parfaitement comment les choses se passèrent dans la section Bonne-Nouvelle. Cette
ISS HISTOTRB DE l\ TERREUR.
L'insurrection est proclamée, mais elle est loin d'être faite* L'agitation, qui avait été assez vive dans la soirée, s'est éteinte peuà peu. Sur quelques points, aux barrières que l'on ferme, aux abords des sections les plus
lettre, adressée à la municipalité, doit avoir été écrite à deux ou trois heures du matin.