‹ Histoire de la Terreur, d'après des documents authentiques et inéditsChapitre 132 sur 267 · LIVRE VU. tbi · texte numérisé non relu

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des faubourgs a lieu, il se hâtera de battre la générale.

De retour à la maison commune, les municipaux rendent compte de leur mission. Les canonniers ont retourné leurs pièces, c'est déjà quel:|ue chose; mais on peut craindre que des ordres du commandant général ne viennent, d'un moment à l'autre, enlever les pièces aux canonniers, s'ils paraissent disposés à laisser passer l'insurrection.

Un nouvel arrêté est arraché à la faiblesse toujours croissante des municipaux et immédiatement transmis

aux chefs de poste :

«40 août 1792.

« Le conseil géjiéral arrête que les canons de chaque bataillon ne seront ôtés aux canonniers que sur un ordre écrit de la municipalité.

« Cousin, président; Royer, secrétaire. »

Le plan de défense était, on le voit, déjà fortement troublé; mais, pour compléter cette désorganisation, il fallait s'assurer de la personne du commandant général lui-même. Déjà, plusieurs fois dans la soirée, le conseil avait fait dire à Mandat de venir prendre ses ordres; mais celui-ci, croyant sa présence indispensable au poste le plus périlleux, était resté aux Tuileries et avait toujours évité de répondre aux invitations qui lui avaient été transmises au nom de la municipalité.

Sous la pression des meneurs, le conseil réitère ses injonctions avec une nouvelle et plus vive insistance. Le commandant général ne pourra pas se dispenser d'obéir.

i52 HISTOIRE DE LA TERREUR.

Pendant que de si graves événements se passent dans Paris, que de plus graves encore se préparent à F Hôtel de Ville, que fait l'Assemblée nationale * ?

Dès onze heures du soir, au bruit du rappel battu dans plusieurs sections, quelques députés se réunissent sans convocation et prennent séance sous la présidence provisoire de Pastoret. On voit aussitôt se dessiner les tendances des deux côtés de l'Assemblée. Bazire, Broussonet et Charlier paraissent successivement à la tribune. Bazire (de l'extrême gauche) rapporte que l'agitation est très-grande au faubourg Saint-Antoine et qu'à des officiers municipaux, qui manifestaient leur étonnement de voir illuminés les environs des Quinze- Vingts, on a répondu : « Ne savez-vous pas que c'est aujourd'hui le grand jour? » Obéissant au mot d'ordre qu'il a reçu, Bazire termine son discours en demandant que Ton appelle à la barre le maire de Paris. Broussonet (de la droite) assure, au contraire, que plusieurs sections ont fortement désapprouvé l'arrêté des Quinze-Vingts. Charlier, ami de Bazire, annonce l'arrivée d'une dépulation des Lombards, et demande qu'elle soit immédid-

4 . Pour le compte rendu de Timportante séance de la nuit du 9 au 10 août, nous nous servons du procès-verbal impriniQ par ordre de l'Assemblée , des comptes rendus du Moniteur, du Logographe, du Journal des Décrets et Débats, Nous contrôlons comme toujours ces récits les uns par les autres.

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