LIVRE VIL
core revenus au moment de notre départ de l'Hôtel de Ville. Ils ont dû se rendre aussi auprès des citoyens qui composent l'attroupement pour les rappeler à la loi. Dans tout Paris on bat la générale, ou du moins des rappels très-précipités; un citoyen (mais ce fait n'est nullement officiel) a annoncé qu'une section du faubourg Saint-Antoine a pris un* arrêté pour déclarer qu'elle ne reconnaît plus ni municipalité, ni département, ni Assemblée nationale. Un grand nombre de citoyens armés se proposent, dit-on , de venir au Corps législatif demander la déchéance du roi, et se promettent de ne pas quitter les environs du lieu des séances que cette déchéance n*ait été prononcée. Le maire est dans ce moment aux Tuileries avec plusieurs officiers municipaux. Il n'y avait, d'ailleurs, presque personne sur la place de la maison commune lorsque nous l'avons traversée. Dans toutes les rues par lesquelles nous avons passé, tout était fort tranquille. Il y a lieu de croire que si l'Assemblée se montre avec force, si elle prend une mesure vigoureuse, le calme pourra se rétablir. »
Le président répond : « L'Assemblée saura s'élever à la hauteur des circonstances. » Mais, par le fait, l'Assemblée ne fait rien et se borne, sur la motion de Marans, à expédier aux représentants absents l'ordre de se rendre immédiatement à leur poste. Puis, on reprend purement et simplement l'ordre du jour, comme s'il n'y avait rien de plus urgent que d'entendre des rapports sur des aliénations de biens nationaux.
Mais bientôt se présente une nouvelle députation de la municipalité ; elle est, cette fois, spécialement com-
posée des amis du maire, et vient faire part à rAssemblée des inquiétudes que plusieurs sections ont manifestées en apprenant que leur magistrat chéri est aux Tuileries. « Ces inquiétudes étaient si vives, ajoute l'orateur municipal, que nous n*avons pu refuser d'accompagner les députa* tions de ces sections (les Lombards et les Arcis) dans le sein de l'Assemblée, où Ton a dit que le maire s'était présenté. »
Yergniaud et plusieurs autres députés rassurent les pétitionnaires sur le sort de Pétion, qu'ils annoncent avoir vu, il y a quelques instants, sur la terrasse des Feuillants.
Bazire revient sur la proposition qu'il a faite au commencement de la séance, et propose que le maire soit rnandé à la barre de l'Assemblée ; cette motion est écartée par l'ordre du jour; Bazire proteste, soutenant « qu'il se passe quelque chose d'extraordinaire au Château. »
La consigne avait été donnée de dire et de répéter partout : « La vie du maire est en danger. » Des sections, de l'Hôtel de Ville, de la mairie, arrivent coup sur coup de nouvelles réclamations* ; enfin le président, Tardiveau, reçoit la lettre suivante que lui écrivent les amis
4. Pétion , depuis quMl avait quitté l'hôtel de la ville à onze heures du soir, s était fait réclamer d'heure en heure par ses amis du conseil général; voici les billets qui étaient venus successivement le trouver au Château :
MUNICIPALITÉ DE PARIS
f Du 10 août 1702, an iv.
« J*ai rhonneurde prier M. le maire, au nom du conseil général, de