LIVRE VU
On lui demande pourquoi il a doublé les postes du Château , pourquoi il a donné Tordre de battre la générale; pourquoi il a fait braquer des canons sur les différents ponts? fidèles à la tactique éternelle de la démagogie, les municipaux qui sont dans la confidence des conspirateurs rejettent sur lui la responsabilité des événements qui peuvent survenir, lui reprochent d'être la cause de l'effervescence qui existe dans Paris et lui déclarent qu'on a pris des arrêtés pour prévenir tous les désordres que ses apprêts intempestifs ont occasionnés*.
Mandat explique qu'il a ordonné de battre le rappel et non la générale, qu'il a reçu les réquisitions du maire, qu'il n'a fait qu'y obéir, et que, chargé d'une immense responsabilité, il a cru devoir prendre toutes les précautions nécessaires pour la défense du Château.
Cela dit. Mandat se retire; mais à peine a-t-il quitté le conseil général qu'il est saisi, entraîné dans la salle où siègent Huguenin et ses quatre-vingts acolytes. A cette nouvelle, le procureur-syndic Manuel et Des-
procès-verbal officiel; nous avonff étudié avec le plus grand soin los additions et surtout les ratures qui se trouvent dans toutes ces éditions d*un même fait de plus en plus falsifié ; nous avons ertfin rapproché les procès-verbaux primitifs et le procès-verbal officiel des rapports quo les municipaux vinrent faire d'heure en heure à l'Assemblée. De ces derniers le Moniteur, il est vrai, fait à peine mention, mais nous les avons retrouvés dans le Logograpke et dans le Journal des Débats et Décrets.
1 . Voir le rapport fait par Osselin à TAssemblée, vers six heures et demie du matin. Logograpke, p. 12; Journal des Débats et Décrets, p. U3.
mousseaux, son premier substitut, sortent précipitamment pour aller à son secours. Desmousseaux voit le commandant général traité déjà comme un accusé, des sentinelles garder toutes les issues; il parvient cependant à s'esquiver par un escalier dérobé, mais Manuel reste et semble, par sa présence, légaliser toutes les monstruosités qui vont se commettre^.
Huguenin 2, s' adressant à Mandat qui est debout à la barre, entouré d'hommes à piques que les sections affidées ont envoyés, commence ainsi l'interrogatoire :
— Vous êtes prévenu d'attentat contre la sûreté publique en donnant des ordres à la force armée sans réquisition légale. En vertu de quel ordre avez-vous doublé la garde du Château? Je vous somme de le représenter.
Mandat. « J'ai déjà répondu à messieurs du conseil général^; » si j'avais été prévenu, j'aurais apporté l'ordre du maire, je l'ai laissé dans mes papiers.
1 . Desmousseaux, après avoir été aux Tuileries, était revenu à son poste de l'Hôtel de Ville. Voir son rapport fait à F Assemblée. Logographe j, p. 16, et Journal des Débats et Décrets j p. 445.
t. Le procès-verbal ofl&ciel dit que c'est Cousin qui préside et interroge Je commandant général. Or, c'est Huguenin qui fît subira Mandat l'interrogatoire (premier faux matériel). Le procès-verbal omei à dessein ce qui se passa depuis le commencement de la séance dans la salle où siégeaient alors les commissaires, c'est-à-dire depuis trois jusqu'à sept heures du matin (deuxième faux matériel).
3. Tout ce qui est entre guillemets dans tout l'interrogatoire de Mandat se trouve sur la minute du procès-verbal et a été supprimé du procès-verbal oflSciel.
Ces mots si importants, fai déjà répondu à messieurs du conn