‹ Histoire de la Terreur, d'après des documents authentiques et inéditsChapitre 142 sur 267 · LIVRE VIL · texte numérisé non relu

LIVRE VIL

D. Le maire n'a point donné cet ordre.

R. C'est une réquisition générale que j'ai présentée au département. Si un commandant général ne peut pas prendre des précautions subites pour un événement imprévu, il n'est pas possible de commander.

D. Avez-vous eu l'ordre formel de faire marcher les canons ?

R. Quand le bataillon marche, les canons marchent aussi; c'est un usage qui a été observé de tout temps, et même sous La Fayette.

D. Quel jour avez-vous reçu l'ordre du maire?

R. Il y a trois jours ; l'ordre est au Château, je le rapporterai.

Sur cette réponse, l'Assemblée arrête que l'on enverra des commissaires à Pétion pour recevoir ses explications. « Truchon est chargé de cette mission*. »

D. Quels sont les ordres qu'a reçus le poste de Henri IV?

R. Voilà comment se donnent les ordres : le commandant général adresse au chef de légion l'ordre, que celui-ci envoie à ses bataillons. Quant aux canons braqués, je n'ai point donné d'ordres. Les canons vont avec les bataillons.

seil général, montrent que précédemment Mandat avait été interrogé* par Tautorité légale, et qu'elle n'avait vu dans sa conduite rien de répréhensible ; ils existent sur la première minute, mais sont raturés sur la deuxième ( troisième faux matériel).

4 . Truchon, dit l'homme à la longue barbe, était l'un des secrétaires improvisés de celte prétendue assemblée. Le nom du commissaire enquêteur est omis dans le procès-verbal ofiBciel; nous l'avons retrouvé sur la première minute.

D. N'avez- VOUS pas retenu ce matin le maire au Château?

R. La garde nationale a montré les plus grands égards à M. le maire; il n'a point été retenu. Pour moi en particulier, je l'ai salué et me suis retiré.

D. Quelle personne écrivait hier au Château en votre présence?

R. C'était mon secrétaire.

Plusieurs officiers municipaux, paraît-il, avaient quitté la salle de leurs délibérations et assistaient à cet interrogatoire. Par leur présence, ils ne craignaient pas de donner une apparence de légalité à ce tribunal improvisé.. L'un d'eux, Mouchet^, s'écrie : — Eh bien, j'ai entendu le secrétaire tenir ce propos : M. le maire est là, il n'en sortira pas! Un de mes collègues l'a entendu comme moi. C'est ce mot, répété à des députés, qui a provoqué le décret qui mandait M. le maire à la barre. J'ajoute que M. Mandat a dit à des grenadiers des Gravilliers, en parlant de Pétion : Vous allez le ramener, sa tête répond du moindre mouvement.

« L'assemblée des commissaires déclare qu'il faut envoyer savoir auprès de M. le maire si ce nouveau fait est

4. Le nom de Mouchet nous est fourni par le ré(*/it de Dejoly. On y voit cet ofiicier municipal accompagner Pétion à la barre de J* Assemblée et parler après lui. Or, comme dans la salle de l'Hôtel de Ville, un membre de la municipalité se sert exactement des mêmes expressions, rapporte le même propos, et deux fois déclare avoir été témoin auriculaire, il est évident pour nous que l'orateur ne peut être autre que Mouchet. Possédé de la ridicule manie de se mettre en scène, il continua au 40 août le rôle qu'il avait déjà joué le 20 juin.

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