‹ Histoire de la Terreur, d'après des documents authentiques et inéditsChapitre 143 sur 267 · LIVRE Vil · texte numérisé non relu

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exact; qu'il y a lieu d'en instruire l'Assemblée nationale et la commune *, et d'en référer à ces deux autorités. »

Puis, se ravisant aussitôt, elle prend l'arrêté suivant :

« Considérant qu'on ne peut laisser plus longtemps le (c maniement de la force armée aux plus cruels ennemis « du peuple;

« Que les jours du peuple ne peuvent être conservés « que par un militaire qui, à juste titre, a mérité sa con- « fiance, puisqu'il l'aime et en est aimé ;

« Qu'en outre ce militaire est suffisamment éclairé pour « conduire la force publique et ne la diriger que contre les « ennemis de la patrie et non contre ses concitoyens ^ ;

« Il sera nommé un commandant général provisoire , et, à l'instant^ le citoyen Santerre, connu par son patriotisme et les services importants qu'il a rendus à la Révolution, a été nommé d'une voix unanime. »

L'Assemblée, après avoir nommé un commandant

4. La mention de l'envoi de nouveaux commissaires auprès du maire est complètement omise dans le procès-verbal officiel (quatrième faux matériel). On voit, par ces mots, quil en sera référé à la commune, qu'à ce moment le conseil général n'était pas encore sui^pendu, quoique, trois pages plus haut, dans le procès-verbal officiel, celte suspension précède l'interrogatoiri» de Mandat. — Preuve nouvelle que les deux assemblées, Tune légale, l'aulre illégale, siégeaient en môme temps à l'Hôtel de Ville dans deux salles presque contiguê^s.

2. Tous les considérants de l'arrêté se trouvent sur la première minute, et ont été omis dans le procès-verbal officiel (cinquième faux matériel). Us sont curieux, parce qu'ils montrent combien les commissaires étaient eux-mêmes embarrassés pour motiver la nomination du brasseur démagogue au commandement général de la garde nationale.

général, approuve naturellement sans la moindre difficulté la conduite des sections des Gravilliers et du faubourg Poissonnière, qui viennent de casser les commandants des bataillons de leur circonscription et qui en ont nommé d'autres de leur autorité privée.

Cela fait, Huguenin reprend l'interrogatoire du malheureux Mandat. Il cherche à tirer de son prisonnier des informations sur les forces rassemblées aux Tuileries. Fidèle à son devoir de soldat et à son rôle de défenseur du roi et de la Constitution, le commandant général ne croit pas devoir la vérité à des insurgés; il s'étudie donc à diminuer le nombre de troupes dont disposent ceux qui le remplacent dans la défense du Château.

D. Combien d'hommes aviez-vous postés aux Tuileries?

R. Douze cents; la garde nationale est ordinairement composée de six cents hommes; mais M. le maire m'a requis de doubler les forces. Le nombre des Suisses est ordinairement de trois cents, je l'ai doublé et porté à six cents; il y a, de plus, une réserve de cent hommes de gardes nationaux ; j'ai demandé des munitions, mais on m'en a refusé. Il y a aux Tuileries huit pièces de canon appartenant aux bataillons des Filles-Saint-Thomas, des Petits-Pères et à d'autres légions.

Tout à coup on annonce que l'on vient de déposer sur le bureau du conseil général de la commune une lettre de Mandat « par laquelle il ordonne de harceler et de tirer sur les citoyens, en flanc et par derrière, au moment 011 ils se transporteront aux Tuileries ; mais que le président Cousin, après en avoir donné lecture. Ta rendue au

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