‹ Histoire de la Terreur, d'après des documents authentiques et inéditsChapitre 146 sur 267 · LIVRE VII. %n · texte numérisé non relu

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lion de la part des conspirateurs : « C'est une infamie, c'est un prodige de lâcheté et de perfidie ^ ! » s'écrientils, et l'assemblée, usurpant le pouvoir judiciaire comme elle a usurpé le pouvoir municipal, décrète l'arrestation immédiate de Mandat et ordonne qu'il sera sur-le-champ conduit dans la prison de la maison commune. Atin que l'exécution de cet ordre ne puisse rencontrer aucun obstacle, on invite Manuel, retenu au milieu des commissaires, à y apposer sa signature 2.

Averti de ce qui se passe, le conseil général se hasarde à rappeler à l'assemblée des commissaires que le droit de faire appréhender au corps un individu, fût-il coupable, n'appartient qu'aux juges de paix. Mais les commissaires envoient dire aux muni(îipaux que lorsque le peuple se met en état d'insurrection, il retire tous les pouvoirs, que dès lors ils ne sont plus rien et qu'eux seuls sont tout, puisqu'ils représentent le peuple souverain *. La menace était claire ; elle ne tarde pas à être exécutée. Jugeant qu'il est temps d'en finir, et n'ayant d'ailleurs plus besoin, ni d'un faux semblant de légalité, ni de signatures arrachées à des magistrats débonnaires, les usurpateurs font signifier aux magistrats municipaux cette destitution en bonne forme, préparée depuis longtemps :

« L'assemblée des commissaires de la majorité des

i . Expressions dont se sert la minute du procès-verbal, et qui ont disparu dans le procès-verbal officiel.

t. Voir à cet égard le rapport fait à l'Assemblée nationale par le substitut Desmousseaux. Logographe, p. 46, Journal des Débals et Décrets, p. \ 46.

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