Récit de Rœderer
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conduite par le ministre de la guerre, d'Abancourt. Le?; ministres de Tintérieur et des contributions publiques, Champion et Leroux de La Ville, ferment la marche*.
Des deux côtés du cortège, sont échelonnés deux détachements : l'un, à droite, de gardes nationaux; l'autre, à gauche, de gardes suisses 2.
Quand cette petite colonne se mit en mouvement , il était environ huit heures et demie^. Elle suivit la grande allée des Tuileries jusqu'aux parterres, puis tourna à droite, vers Tallée des marronniers.
Le sol était jonché de feuilles mortes, l'automne ayant été précoce dans cette brûlante année 1792. « Voilà bien des feuilles! s'écria le roi pendant que son jeune fils s'amusait — le pauvre enfant — à les jeter dans les jambes de ceux qui marchaient devant lui , — voilà bien des feuilles! elles tombent de bonne heure cette année 4. »
Cette parole de mauvais augure retentit dans le silence ; personne ne la releva ; mais chacun de ceux qui l'entendirent dut reporter sa pensée vers cette couronne qui tombait, elle aussi, feuille à feuille, de la tête de l'héritier d'une dynastie plus vieille que les arbres séculaires sous lesquels on passait.