LIVRE VIL
entrevoir au moment oii le cortège royal s'arrête à quelque distance de la terrasse des Feuillants*. *
Le procureur-général-syndic fait observer au roi que Ton ne peut pas avancer plus loin avec la garde qui l'accompagne , la loi ayant interdit à toute force armée de franchir, sans y être appelée, le territoire réservé au Corps législatif. Louis XVI , toujours esclave de la loi , fait arrêter la troupe; les officiers municipaux, Boiie et J.-J. Leroux, sont dépêchés en avant, à Teffet de prier l'Assemblée de donner les ordres nécessaires 2.
L'Assemblée avait discuté cette question : enverraiton une députation chez le roi, ou bien l'inviterait-on à venir avec sa famille dans la salle du Manège? Elle s'était refusée à prendre aucune décision, sous prétexte que « la Constitution laissait au roi la faculté de se rendre, quand il le jugerait convenable, au milieu des représentants du peuple. » On l'avertit que le roi et sa famille arrivent. Elle se décide à envoyer au-devant du cortège royal une députation de vingt-quatre membres. Cette députation se croise avec Leroux et Borie, au bas de la terrasse; ces derniers n'en continuent pas moins leur route, et, introduits à la barre, demandent que l'escorte du roi puisse l'accompagner, ou du moins garder les abords du palais législatif. Celte prière, bien naturelle après les meurtres qui viennent d'ensanglanter
4. Voir, à la fin du volume, la déposition de Noël Avril, sous-lieutenanldans le bataillon des Filles-Saint-Thomas, reçue le 16 août 179^, par les commissaires de la section de la Bibliothèque.