‹ Histoire de la Terreur, d'après des documents authentiques et inéditsChapitre 164 sur 267 · LIVRE Vn · texte numérisé non relu

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poser l'enfant sur le bureau même des secrétaires^; la reine et la famille royale entrent enfin et se placent sur les sièges destinés ordinairement aux ministres; le roi s'assied à côté du président, les ministres se tiennent derrière lui.

« Je suis venu ici, dit Louis XVI, pour éviter un grand crime, je pense que je ne saurais être mieux en sûreté qu au milieu de vous.».

Vergniaud depuis quelque temps occupait le fauteuil. L'on avait senti qu'au milieu des circonstances oii l'on se trouvait, ce n'était pas trop de toute la popularité du grand orateur girondin pour en imposer aux dernières témérités de l'anarchie. Il répond à Louis XVI :

« Vous pouvez, sire, compter sur la fermeté de l'Assemblée nationale ; ses membres ont juré de mourir en soutenant les droits du peuple et les autorités constituées 2. »

On fait observer que les circonstances sont trop graves pour que les délibérations soient suspendues. Cependant, suivant la Constitution, qu'on invoque toujours au moment même où on va la violer, elles ne peuvent continuer en présence du souverain. Mais si le roi quitte la salle, qui peut répondre de sa sûreté? On propose de le placer dans une tribune, à la barre, sur le banc des ministres; le

r chronique r/p 50 Jours et déposition de Noël Avril.

2. i^ Moniteur j le Logographe et le Journal des Débats et Décrets parient tous trois du « maintien des autorités constituées; » le procèsverbal de TAssemblée, rédigé à loisir, a bien soin de supprimer ces mots si importants; les vainqueurs, ne voulant plus tenir cette promesse, la passèrent naturellement sous silence.

roi demande lui-même à quitter la place qu'il occupe près du président; l'Assemblée décide que Louis XVI et sa famille seront installés dans la loge du Logographe^.

C'est là, dans un misérable réduit , large de douze pieds, haut de six, situé derrière le fauteuil de la présidence, qu'entouré de quelques amis fidèles 2, l'arrièrepetit-fils de Louis XIV va assister, durant dix-sept heures^, à l'agonie de la royauté; c'est là qu'accablé d'injures et d'outrages de toute espèce^, Louis XVI va se préparer au martyre qu'il aura à subir au Temple, pcnilant cinq longs mois, avant d'en recueillir la palme le 21 janvier 1793.

1. La loge où le roi et la famille royale avaient été confinés était spécialement affoctée aux rédacteurs d'un journal qui s'appelait Journal Logo graphique ou le Logolachy graphe. Ce dernier titre, trop long et trop savant, n'a pas prévalu, et des deux nonrïs on a fait le Logographe, qui passera à la postérité, grâce à la circonstance fortuile qui fit du local à lui afleclé le dernier refuge de la royauté aux abois.

2. Parmi ces serviteurs fidèles se trouvaient le prince de Poix, le comtp d'Haus<ionville, lo duc de Choiscul, MM. de Briges, de Goguelat et d' .Aubier.

3. Do dix heures du matin, le 10, h trois heures de la nuit, du 40 au 4 i août.

4. Voir dans les Mémoires de Barbaroux, p. 76, les insolences imbéciles et grossières que le roi fut obligé do subir de la part d'un émeulior senti me» tal qui vint lui rapporter une bourse qu'il a\ait trouvé.% di.-ait-il, aux Tuileries.

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