‹ Histoire de la Terreur, d'après des documents authentiques et inéditsChapitre 198 sur 267 · LIVRE VIII · texte numérisé non relu

LIVRE VIII

Peu de temps après, trois délégués viennent « au nom des commissaires de la majorité des sections réunies, avec pleins pouvoirs de sauver la chose publique- » (c'est ainsi quj se nommait elle-même la commune insurrectionnelle), annoncer à T Assemblée que le calme le plus

rement apaisés, grâce à Tactivité des pompiers qui ont été on ne peut pas mieux conduits cette nuit par leur chef, malgré beaucoup de malveillants qui voulaient y causer du retard; il sera entièrement éteint cette matinée et liors de tout danger de communication au Château. Je suis après à y faire les iranchets nécessaires [sic).

« II serait à désirer que l'extérieur des faces du Château fût bien gardé pour eu pêcher les accidents qui pourraient provenir par la curiosité de nos concitoyens qui se blesseraient et qui interrompraient les travaux.

€t Je suis avec respect, Monsieur le président, un zélé, fidèle patriote

de la patrie,

« Palloy.

< Le 10 août, an iv de la liberté. >

Ce Palloy est encore un type à étudier; c'est celui du prétendu artiste qui fait sonner bien haut son patriotisme et se met conlinuellement en avant pour se faire accorder des travaux, que bientôt on est obligé de lui enlever parce qu'il les dirige au rebours du sens commun, mais en se faisant payer très-grassement.

Six semaines après que les travaux des Tuileries avaient été confiés à Palloy, le ministre de l'intérieur s'aperçut qu'il y avait fait plus de dégâts que de réparations, mais qu'en même t«mps il présentait des comptes follement exagérés. Ces faits furent aussitôt dénoncés à la Convention. Mais l'architecte patriote, au lieu d^achever sa besogne civique, s'était hâté de lever parmi ses ouvriers un bataillon dit « de la république. » Il se trouvait alors à Épernay; apprenant la dénonciation du ministre de l'intérieur^ il réunit sa troupe, la passe en revue, et prononce une harangue, dans laquelle il couvre d'injures « Roland et sa femme. » Le discours de Palloy nous est tombé entre les mains. Imprimé, il ne forme pas moins de soixante-douze pages in-4*, il contient un récit éminemment fantaisiste de l'insurrection pari-

profond règne dans la capitale, que des patrouilles nombreuses sauvegardent la sûreté des citoyens et des représentants du peuple; enfin que le commandant général Santerre veille sur la représentation nationale ^.

Le calme régnait; mais c'était l'effet de la fatigue

sienne, et des chiffres hyperboliques comme ceux-ci : — Les ennemis de la liberté, présents à Paris » en août 4792, étaient au nombre de 233,800, et les insurgés qui les écrasèrent étaient dix fois moins nombreux! — Dans un autre passage se trouve cette phrase : — o Ce sont les sans-culottes , la crapule et la canaille de Paris , et je me fais honneur d'être de cette classe, qui ont vaincu les soi-disant honnêtes gens. »

Un autre témoin oculaire, Napoléon, se servait exactement des mêmes expressions que Palloy; il disait à M. de LàsCaoes {Mémorial, 3 août 4816} : « Le Château se trouvait attaqué par la plus vile canaille... »

4 . On ne lira pas sans intérêt les lettres suivantes, dont nous avons retrouvé les minutes :

MUNICIPALITÉ DE PARIS

Extrait des délibérations du conseil général de la comnume de Paris.

€ Du 10 août 1792, an nr de la liberté.

« M. le commandant du bataillon de Saint-Séverin ou le commandant du poste délivrera une pièce de canon aux porteurs du présent cette pièce devant servir à défendre le peuple contre ses ennemis, a Le commandant général provisoire,

« Santerre. >

section des thermes de julien.

f Da 10 août 1792, l'an iv de la liberté.

« M. Santerre, commandant général provisoire, est instamment prié de faire délivrer, pour le bataillon des Mathurins, vingt-quatre boulets, vingt gargousses à mitraille et douze à boulet , cinquante éioupille»,

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