LIVRE V. \:U
de précaution ont été prises ; donc, ne bougez pas et l'entrez paisiblement chez vous ^. »
Le conseil fut suivi, et les conspirateurs attablés dans le cabaret de la place de la Bastille se retirèrent euxmêmes, fort à contre-cœur. Cependant, comme durant (juclques minutes le tocsin avait sonné, la générale avait été battue, liOO ou 500 fédérés avaient formé un rassemblement qui s'était, il est vrai, bientôt dispersé, il fallait expliquer ces mouvements qui avaient Jeté l'inquiétude dans tout Paris. Ce fut Carra, Carra lui-même, Tun des convives du Soleil d'or, qui se chargea de donner le changea l'opinion publique; on lut, le lendemain, dans les Annales patriotiques :
« Le banquet civique s'est fait hier sur le terrain de la Bastille avec la plus parfaite tranquillité, malgré les efforts de quelques émissaires du cabinet autrichien, qui^ sous l'apparence du patriotisme, cherchaient à profiter* du rassemblement pour égarer l'opinion publique..» Les Tuileries sont toujours barricadées; le bruit court depuis quelques jours qu'il s'y entasse une quantité prodigieuse d'armes et de munitions, qu'on y a apporte beaucoup d'habits de gardes nationaux. « Le Patriote français ^, voulant faire pardonner à Brissot son récent
1. Pour rimportant récit de la tentative avortée delà nuit du 26 au i7 juillet, uoxii a\ons les aveux naïfs qu après le triomphe de r insurrection du 10 août Pélion et Carra coii2»ignèrent, dans des écrits signés d'eux, pour revendiquer ia part glorieuse qu'ils y avaient prise. (Voir un opusKîule publié par Pétion sous le titre Pièce» importantes pour l'histoire et les Antiales patriotiques de Carra.)