LIVRE M
indiquait. Nous venons vous demander justice de ces assassins. Les gardes nationales de Paris ont bien su vous défendre jusqu'à présent, n'exigez pas de nous de voir de sang-froid, sous nos yeux, les meurtriers de nos frères*. »
La lecture de cette adresse fut interrompue presque à chaque phrase par des cris : Ce nesi pas vrai! que proféraient les tribunes au paroxysme de la fureur. Lorsque l'orateur arriva au récit de la mort du garde national Duhamel, un inisérable eut l'infamie de s'écrier : « Tant mieux ^ ! »
L'Assemblée était profondément indignée; mais la Montagne, depuis plusieurs heures que cette scène de meurtre s'était passée, avait pris le soin de se munir de témoins en sens contraire. Elle les fait imniédiatemenl paraître à la barre pour contre-balancer les témoignages des victimes elles-mêmes, lis sont trois! L'un d'eux déclare qu'étant de garde au Château « des grenadiers, barbouillés de boue exprès, sont entrés sans carte chez le roi ; » que celui-ci, la reine et les dames d'honneur ont affecté de donner de grands soins aux blessés. Un
1. Nou> avons retrouvé la minute mémo du discours qui fut prononcé au nom des grenadiers du bataillon des Filles-Saint-Tliomus. Celte minule contient une phrase que les rédacteurs jugèrent probablement eux-mêmes trop vive et qu'ils effacèrent. Malgré la surcharg»», nous avons pu la lire; elle était ainsi conçue :
« La garde nationale est en arme^; elle ne les déposera que lorsque vous aurez délivré la capitale de cette troupe effrénée, égiiié3, qui menace injustement les citoyens dans leurs personnes et leurs propriétés. »