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CHAPITRE II NOTES DE L'ÉGLISE. - DÉFINITION DE L'ÉGLISE

L'Église étant nécessaire au salut, il y a pour chacun de nous une souveraine importance à chercher où elle est. Mais comment espérer la trouver, si on ne sait préalablement à quelles marques, à quelles notes on peut la reconnaître? Aussi la théorie des notes de l'Eglise fut soigneusement établie par les théologiens catholiques. Elle le fut également par les protestants qui, convaincus, eux aussi, de la nécessité de l'Eglise pour le salut, devaient en connaître les marques distinctives. Mais on devine sans peine que la distance qui séparait leur église invisible de l'Eglise visible des catholiques, devait avoir ici son contre-coup et que les notes de Tune n'étaient pas les notes de l'autre.

Avant d'indiquer le vrai chemin à suivre pour trouver l'Eglise du Christ, les controversistes fidèles au Saint-Siège devaient donc mettre le lecteur en garde contre la voie tracée par les protestants. A vrai dire, ils s'affranchirent souvent de cette obligation. Mais Stapleton et Bellarmin la comprirent et ils s'attachèrent à réfuter la thèse des hérétiques. Selon Luther et ses partisans, la vraie Eglise avait pour marques la prédication du pur évangile et l'administration légitime des sacrements. Les deux théologiens que nous venons de nommer leur répondirent qu'ils prenaient l'effet pour la cause; que l'Eglise a précisément pour mission de nous apprendre oii se trouvent la vraie doctrine, les vrais sacrements; qu'elle doit donc être connue préalablement et par d'autres moyens. A l'appui de cette assertion, le controversiste anglais fit appel à l'Ecriture. Il cita les textes de l'apôtre où nous lisons que

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ri^glise est « la colonne de la vérité » et que Dieu a établi « des pasteurs et des docteurs pour que tous viennent à l'unité de la foi ^ » L'auteur des Controçerses laissa de côté l'Ecriture et invoqua l'autorité de la tradition. Il apporta les témoignages suivants de saint Irénée ^ et de Tertullien ^, dans lesquels l'Eglise, appelée à dirimer les controverses dogmatiques, est^ en effet, supposée connue avant la doctrine : « S'il s'élevait un conflit sur une légère question, ne faudrait-il pas recourir aux églises les plus anciennes... et leur demander la solution des doutes? » ; « Quant à savoir ce que les apôtres ont prêché, ce que le Christ a révélé, on ne le peut qu'au moyen des églises fondées par les apôtres. Cela étant, toute doctrine qui répond à l'enseignement des églises apostoliques, mères et primitives, doit être considérée comme l'expression de la vérité; autrement elle doit être mise sur le compte du mensonge. »

Quelles sont ces notes et de quelles autorités se recommandent-elles? Sander '' fit observer que l'Ecriture attribue à rÉglise six prérogatives, à savoir : la hauteur et la sublimité, la splendeur et l'éclat, létendue et l'immensité, la succession et la perpétuité, l'unité et l'accord, la foi invincible et la constance. Ce fut surtout à l'Ancien Testament qu'il demanda les attestations scripturaires de ces six prérogatives, et il apporta tous les oracles qui avaient prophétisé la gloire immortelle de Sion et de la maison de Jacob. Cependant il mit aussi à contribution quelques formules du Nouveau Testament. Il prouva : la splendeur par la parole : Vos eslis lux miuidi, non potest civitas abscondi supra nionteni posita; l'étendue, par cette autre : Eritis milii testes in Jérusalem et in omni Judaea et Samaria et usque ad ultimuni terrae ; la perpétuité, par cet endroit de saint Mattliieu : Ecce ego çobiscum sum usque ad consummationem saeculi\ et enfin l'unité, par ces textes des Acte .• Erant persévérantes in doctrina apostolorum... unanimiier... et multitudinis credentiuni erat cor ununi et anima

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