‹ Histoire de la théologie positive (volume 2)Chapitre 105 sur 371 · De vmbilï monarchia Ecclesiae, 8. 50, p · texte numérisé non relu

De vmbilï monarchia Ecclesiae, 8. 50, p

THESE DE SANDEH. 119

una\ Puis il s'attacha à retrouver chacune de ces six prérogatives dans rÉghse romaine. Ici ce fut à Thistoire qu'il s'adressa et il en obtint des témoignages décisifs. 11 n'eut pas de peine à prouver que l'Eglise romaine est de beaucoup la plus illustre, la plus étendue, la plus ancienne, la plus centralisée de toutes les églises. 11 établit même sans difficulté que l'Occident tout entier a été évangélisé par Rome. Le travail de Sander fut, depuis l'apparition du protestantisme, le premier essai tenté pour établir méthodiquement les notes de la véritable hglise et pour en montrer la réalisation dans l'Eglise romaine^. Cependant, loin d'être définitif, il ne fît qu'ouvrir la voie à de multiples tâtonnements. Laissant de côté les six prérogatives de Sander, Stapleton^ s'attacha à démontrer que le Christ avait promis à son Eglise l'universalité dans l'espace ainsi que la perpétuité dans le temps, et que, de ces deux propriétés fondamentales, dérivaient la catholicité, l'unité, l'apostolicité proclamées par les Pères comme les vraies marques servant à reconnaître la société fondée par le Sauveur. Il réduisit donc à trois les notes de l'Eglise. Bellarmin, au contraire, en énuméra quinze, à savoir : le nom de « catholique » universellement usité pour désigner l'Eglise romaine; l'antiquité ; la durée ; l'amplitude ; la succession des évêques dans l'Eglise romaine; l'accord doctrinal de l'Eglise romaine moderne avec l'Eglise ancienne; l'union des membres de cette Eglise ; la sainteté ; l'efficacité de la doctrine, en d'autres termes la puissance de prosélytisme de l'Eglise romaine ; la sainteté de ses auteurs ou premiers Pères ; les miracles accomplis dans son sein ; le don de prophétie dont elle a été favorisée ; les aveux de ses adversaires ; les châtiments temporels dont ses adversaires ont été frappés ; la prospérité temporelle dont ont joui ses défenseurs. Mais, au quinzième siècle, Torquemada avait indiqué l'unité, la catholicité, l'apostolicité et la sainteté comme les notes de l'Église. Sa liste, à l'avantage de la sim-

1. Matth., 5. 14 ; Act., 1.8; MatUi., 28. 20 ; Ad., 2. 42 ; 4. 32.

2. Drieoo, De ecclesiasticis scriplarîs et dogmatibuSj 4. 2, p. 503 et suiv. qui entreprend ce travail, est très confus.

3. Principiorum fidei doctrinaliuni demonslralio, lib. 4, cap. 3 et suiv., p. 107.

120 NOTES DE l'Église.

plicité, joignait celui d'être patronnée par le symbole que, chaque dimanche, le peuple chrétien chantait à la messe. Ce fut à elle que, en dépit des constructions de Sander, de Stapleton et de Bellarmin, les théologiens revinrent. Ce furent les prérogatives de l'unité, de la catholicité, de l'apostolicité et de la sainteté qui servirent à prouver que l'Eglise romaine est l'entière réalisation du plan conçu par le divin Sauveur.

Toutefois les protestants essayaient de mettre leur conception des notes de l'Église sous le patronage de l'Ecriture, et ils alléguaient certains passages tant de l'Ancien que du Nouveau Testament sur lesquels ils se livaient à des déductions favorables. Ils objectaient surtout les expressions suivantes de saint Augustin : « La question entre les donatistes et nous est de savoir où est l'Eglise. Que faire? Sera-ce à nos paroles ou aux paroles du Christ que nous demanderons de nous renseigner? J'estime que nous devons nous laisser guider par les paroles de celui qui est la vérité et qui connaît très bien son corps... Laissons de côté ces formules :« Je dis ceci, vous dites cela», et écoutons ce que dit le Seigneur. Il y a certainement des livres du Seigneur dont, les uns comme les autres, nous acceptons l'autorité. C'est là que nous devons chercher l'Eglise, c'est là que nous devons discuter notre cause... Ce n'est pas par des documents humains, c'est par des documents divins que je veux qu'on démontre l'I^glise ^ ... C'est par l'Ecriture que nous connaissons le Christ, c'est par l'Écriture que nous connaissons l'Eglise^. » Voyez, disaient les protestants, selon saint Augustin, c'est l'Ecriture qui doit nous faire connaître l'Eglise. — Oui, répondit Stapleton^, mais il ne veut pas dire que l'on doit contrôler par l'Ecriture la doctrine de l'Eglise. Il borne le rôle de l' l'écriture à nous faire connaître les notes et les prérogatives de l'Église. C'est, en effet, par les oracles divins et non par la conjecture humaine que nous devons apprendre à connaître les notes que Dieu a voulu donner à son l'église. Saint Augustin dit cela et pas autre chose. —

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