CATHOLICITÉ
ad ultimum terrae ^ . Les deux derniers points furent réglés à l'aide de l'histoire et de la statistique. « Déjà du vivant des apôtres, dit Bellarmin, notre foi fructifiait dans tout le monde, comme l'atteste saint Paul : Sicut et in universo mundo est et fructificat et crescit ^. Saint Irénée rapporte que, de son temps, elle était répandue dans tout l'univers, c'est-à-dire dans toutes les provinces connues^. Tertullien '', saint Cyprien ^, saint Athanase*', saint Chrysostome ^, saint Jérôme^, saint Augustin^, Théodoret ^^*, Léon le Grand ^' tiennent le même langage. Et saint Prosper, parlant de la Rome de Pierre, dit : « Quidquid non possidet annis relligione tenet ». Après avoir ainsi, d'un coup d'œil rapide, mesuré l'expansion de l'Eglise des premiers siècles, Bellarmin affirma. en se référant à saint Grégoire, à Bède, à saint Bernard, que, pendant le haut moyen âge, la Rome chrétienne n'avait cessé d'exercer sa juridiction dans tout l'univers. Il ajouta qu'au seizième siècle son empire était encore universel. Il termina en observant que les sectes hérétiques, parmi lesquelles il rangea la religion de Mahomet, ne se trouvaient ni dans le monde entier, ni même dans une seule moitié.
Après Bellarmin, quelques controversistes, comme Noël. Alexandre ^^, reproduisirent sans la modifier la preuve scripturaire de la catholicité qu'on vient de lire. D'autres, comme Tournely ^^, l'enrichirent des oracles de la Genèse et des prophètes où nous lisons : In semine tuo henedicentur omnes gentes. — Ecce dedi te in lucem gentium, ut sis salus usque