De concil. ci Ecrlcsid mil IL
THÈSE DE LAUNOI. 149
formule : Coetus hominum ejusdem fidei professione et eorutndem sacramentorum communione colligata, sub regimine legitimorum pastorum et praecipue unius Christi in t^/^ris vicarii romani pontificis. Launoi ' releva, dans les écrits des Pères et des scolastiques, tous les textes où la notion de l'Eglise était exposée. Il recueillit ainsi, une à une, cent quarante-deux définitions, dont cent trois antérieures au concile de Trente et trente-neuf postérieures. Ces définitions, comme on le pense, ('taient loin d'être identiques : tandis que les unes étaient renfermées dans trois ou quatre mots, les autres s'étendaient sur un espace de plusieurs lignes; tandis que les unes — parmi lesquelles celle du Catéchisme du concile de Trente — appelaient l'Église « la réunion des fidèles, destinée et élue par Dieu pour la vie éternelle », d'autres se plaisaient à énumérer les propriétés mystiques et les notes de l'Eglise-. Toutefois, laconiques ou diffuses, toutes ces définitions étaient d'accord sur un point : elles ne faisaient aucune mention de la papauté. Launoi souligna ce trait commun, et il accusa Canisius ainsi que Bellarmin d'avoir fait entrer dans la notion de l'Eglise une idée étrangère à la tradition. Mais au moment où cette protestation se faisait entendre, la définition de Canisius avait déjà été adoptée par plusieurs théologiens, notamment par Bannez, par Grégoire de Valentia et par Tanner. La voix de Launoi fut impuissante à arrêter ce mouvement d'adhésions„ Aujourd'hui la notion de l'Eglise proposée par Canisius a définitivement pris place dans la théologie.