‹ Histoire de la théologie positive (volume 2)Chapitre 132 sur 371 · T/u^saurus ralolicus, 8. 5, p · texte numérisé non relu

T/u^saurus ralolicus, 8. 5, p

3. Jnstruciions pastorales sur les proîncsses de l'Église, 1. 2-0 et suiv.

4. Réflexions..., après la douzième réflexion; Inslruclions pastorales, i. 15.

APOSTOLICITÉ. 147

Le principe de la succession une fois établi, tout n'était pas fait sans doute, et il restait à trouver la vraie succession. Mais, en tout cas, les protestants étaient déboutés de leurs prétentions et étaient convaincus de ne pas constituer la véritable Kglise du Christ. On acheva la démonstration, tantôt en mettant les protestants au défi de signaler une seule fissure dans la succession de l'Eglise romaine, tantôt en leur opposant les textes dans lesquels les Pères proclamaient la nécessité de Tunion à Rome. Bossuet fît intervenir ici l'autorité de saint Optât et des conciles ^ : « Au surplus, sans disputer davantage, il ne faut qu'un peu de bon sens et de bonne foi pour avouer que l'Eglise chrétienne, dès son origine, a eu pour marque de son unité sa communion avec la chaire de saint Pierre, dans laquelle tous les autres sièges ont gardé l'unité : In qua sola unitas ah omnibus serçaretur (Optât)... Si les Grecs se sont avisés dans les derniers siècles de contester cette vérité après lavoir confessée cent fois et l'avoir reconnue avec nous, non point seulement en spéculation, mais encore en pratique dans les conciles... s'ils n'ont plus voulu dire avec nous, comme ils faisaient : Pierre a parlé par Léon, Pierre a parlé par Agathon... les actes des conciles qui ne sont rien moins que les registres de l'Eglise catholique, nous restent encore en témoignage contre eux. » Cette argumentation, commencée avant Bossuet, fut poursuivie après lui. Parmi les témoignages qui furent apportés, deux surtout méritent d'être mentionnés : celui de saint Irénée : « Adhanc enini Ecclesiam propter potiorem principalitatem^ necesse est omnem convenir e Ecclesiam... )) ; et celui de saint Augustin : Tenet me in Ecclesia, ah ipsa sede Pétri apostoli, cui pascendas oçes suas Dominas commendaçit, usque ad praesentem episcopatum successio sacerdotum'^.

Nous venons de voir les controversistes recourir à la papauté pour achever leur démonstration de l'apostolicité de l'Église romaine. Et c'est aussi à l'aide de la papauté, on se le rappelle.

1. Instructions pastorales si(r les pt^o messes de l'Église, 1. 32.

2. Noël Alexandre, De symbolo, art. 10, S 8. Tournely, De Ecclesia Chrisli. qu. % art. 5, conclus. 2.

148 DÉFINITION DE l'eGLISE.

qu'ils ont, dans ces derniers temps, «achevé leur démonstration de l'unité. Tant que les droits de la papauté ne sont pas nettement établis, les deux notes les plus importantes de rKglise manquent donc de précision et de solidité. D'autre part, lorsqu'on s'est assuré que les prérogatives de la papauté sont d'origine divine, que reste-t-il à chercher? Qu*a-t-on besoin de se livrer à de longues enquêtes pour trouver la véritable Église quand on connaît son chef? Dans leurs discussions avec les gnostiques ou les donatistes, les Pères opposaient à leurs adversaires les églises apostoliques, les enseignements apostoliques. Ils leur reprochaient de rompre avec l'unité des communautés chrétiennes répandues par toute la terre '. Sans être complètement en dehors de leur argumentation, le siège de saint Pierre n'y entrait qu'accessoirement. Ainsi le voulait l'économie de la controverse à cette époque. Mais, depuis longtemps, les problèmes ne se posent plus comme ils se posaient dans les premiers siècles. La papauté est devenue la grande note de l'Eglise, celle qui peut se passer de toutes les autres. Sans le reconnaître expressément, les théologiens se sont vaguement rendu compte de ce fait. Ils ont continué d'établir l'unité, la sainteté, la catholicité et l'apostolicité de TKglise. Puis, après, ou, parfois môme, avant- cet hommage rendu à la tradition, ils ont consacré tous leurs efforts, toute leur érudition à la défense de la papauté.

Un mot, avant de passer à la papauté, sur l'enquête patristique à laquelle donna lieu la définition de l'Eglise. A la fin du seizième siècle, Canisius et, à sa suite, Bellarmin ^ donnèrent au pape une place dans cette définition. Le premier dit que l'Eglise est : Omnium Christi fidem alque doctvinam profiteniium congregatio, quae sub iino et summo post Christum capite etpastore in ierria guhernatur. Le second proposa cette

L La théorie do la sainteté de l'Égrlise n'était alors exposée que sous hi forme de réponse à des objections. On ne démontrait pas (|ue rÉgiise doit être sainte; on expliquait contre les donatistes que la sainteté de l'Église n'excluait pas le mélange des méchants aux bons.

•2. C'est le cas pour Hellai-min, qui a fait passer son De romano pontifkc avant le De conciliis cl Ecclcsia ?nUilaii(c.

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