ARTICLE III. DISCUSSION PATRISTIQUE DU TEXTE
« TIBI DAIÎO CLAVES ».
Dans la Conférence de Leipzig, le texte Tihi daho claves fut à peine l'objet d'une ou deux mentions fugitives qui ne méritent pas de nous arrêter. On peut dire que ni Eckius ni son redoutable adversaire ne songèrent à l'utiliser. Le De potestate papae nous met sous les yeux un spectacle différent. Ici Luther exploite la « promesse des clefs » et la fait servir à attaquer la papauté. Il cherche un appui auprès de l'exégèse des Pères et il soutient que, selon « tous » les docteurs, le dabo claves s'applique aux apôtres et à toute ^Église^ Pour prouver son assertion, il cite saint Jérôme ^ et saint Chrysostome ^ qui disent que Pierre a été, à Césarée de Philippe, l'interprète de tous les apôtres. Il cite surtout les textes suivants de saint Augustin : « Certaines paroles paraissent s'adresser à l'apôtre Pierre personnellement, lesquelles pourtant ne se comprennent bien, que si on les applique à l'Eglise que cet apôtre représentait en figure, à cause de la suprématie qu'il avait parmi les disciples. Telles sont les paroles : Tibi dabo claires... et d'autres du