Saint Léon, Serm. 4. 2, M
le Seig-neur ? lùitend-il seulement désigner les brebis de tel peuple, de tel pays? Non : il dit : mes brebis » ^
Ici nous retrouvons les adversaires que nous avons déjà rencontrés deux fois et dont nous avons constaté l'ardeur à priver de l'appui des Pères la démonstration scripturaire de la papauté. Hiclier-, Marc-Antoine^, Launoi ', Dupin^. Fébronius ^ s'efforcèrent de prouver que, d'après l'interprétation traditionnelle, le texte pasce s'adressait à tous les évêques ou même à tous les fidèles. C'est dans la Lettre à Formentinus que Launoi qui, comme toujours, est le mieux documenté, a développé cette thèse. Il apporte en sa faveur seize attestations. Saint Augustin, à lui seul, en fournit quatre, que voici : « Quand les clefs ont été données à Pierre, c'est à l'Église qu'elles ont été données, et quand la parole : Si tu m'aimes, pais mes brebis, lui a été adressée, c'est à tous qu'elle a été adressée ' » ; « Voulant que Pierre fût ur bon pasteur... le Seigneur lui dit : Pierre, m'aimes-tu? Pais mes brebis... Pierre est pasteur, Paul est pasteur, les autres apôtres sont pasteurs, les bons évêques sont pasteurs. Mais personne parmi nous n'ose se présenter comme la porte du bercail ^ » : « Le Christ a dit qu'il est la porte, il a dit aussi qu'il est pasteur. 11 est porte; considéré en lui-même qui est la tête; il est pasteur, considéré dans son corps qui est l'Eglise. Il dit à Pierre qui est le type de l'Eglise : Pierre, m'aimes-tu? Pais mes brebis^ » ; « De même que Pierre représentait l'Eglise quand la parole : Tihi dabo claies lui fut adressée ; de même, il personnifiait aussi l'Eglise, quand il lui fut dit : Pais mes brebis '^'. » Saint Chrysostome fournit aussi plusieurs témoi-