De romano pontiftce
230 LA PRIMAUTÉ DE l'ÉvÊqUE DE ROME.
de Rome est, à l'exclusion de tout autre évêque, le détenteur de droit de [la primauté, cela tient, non à l'institution première du Christ, mais à ce qu'il appelle « le fait de saint Pierre », c'est-à-dire à ce fait que saint Pierre, après avoir fixé son siège un instant à Antioche, l'a définitivement fixé à Rome. L'auteur des Controverses ajoute que l'évéque de Rome n'en est pas moins le chef de l'Eglise de droit divin, et cela parce qu'il exerce une fonction dont le caractère perpétuel repose sur la volonté du Sauveur. D'ailleurs, d'après une tradition qui a pour garants plusieurs docteurs, parmi lesquels saint Ambroise, ce serait Notre-Seigneur lui-même qui aurait prescrit à saint Pierre de rester à Rome pour y subir le martyre.
Quand cette première preuve de la primauté du pape est achevée, Rellarmin nous fait entendre les dépositions des conciles. Neuf de ces assemblées vénérables présentent leur profession de foi à la suprématie de Tévéque de Rome. Le concile de Nicée paraît le premier avec son sixième canon formulé en ces termes : « On doit rester fidèle à l'antique coutume en vigueur dans l'Egypte, la Lybie et la Pentapole, d'après laquelle l'évéque d'Alexandrie étend sa puissance sur ces pays, attendu que l'évéque de Rome procède de môme \ » Après le sixième canon de Nicée vient la lettre des Pères du concile de Constantinople à Damase, lettre où on lit que le concile s'est assemblé sur l'ordre écrit du pape transmis par l'empereur et que Rome est la tête du corps ecclésiastique ^. Ce sont ensuite les Pères du concile d'Ephèse, qui déclarent avoir condamné Nestorius, pour se conformer aux instructions du pape Célestin, et qui, n'osant pas se prononcer sur le cas de Jean d'Antioche, laissent à Célestin le soin de le juger ^. De même, les Pères du concile de Chalcédoine nous apprennent qu'ils ont donné à saint Léon le titre d'évéque de l'Eglise