Ep. 8, M
246 LA PRIMAUTÉ DE l'ÉVÊQUE DE ROME.
doivent rendre compte des rois à Dieu. Vous savez bien que vous êtes soumis à leur jugement, mais que vous ne pouvez les plier à votre volonté » ; témoin également cette remarque de saint Grégoire ' : « Si saint Pierre avait voulu tenir compte de son autorité sur l'Eglise, il aurait pu répondre aux fidèles qui lui faisaient des reproches qu'il n'appartient pas aux brebis de reprendre leur pasteur » ; et cette autre de Nicolas - : « Il est manifeste que la puissance séculière ne peut ni lier ni délier le pontife, c'est-à-dire ni le condamner ni l'absoudre. » Les empereurs la proclament. Constantin, on effet, refusa de juger les évéques et déclara qu'il devait plutôt être jugé par eux^. Et, au huitième concile, l'empereur Basile tint un langage analogue. Enfin les docteurs la proclament. C'est ce que prouvent cette parole de saint Ambroise '' : « Un bon empereur est dans l'Eglise, il n'est pas au-dessus de l'Eglise » ; celle-ci de saint Grégoire de Nazianze •' : « Vous, brebis, vous ne devez pas paître vos pasteurs... vous ne devez pas juger vos juges, ni faire la loi à vos législateurs » ; et cette autre de saint Bernard ^ : « 11 est écrit que toute âme est soumise aux puissances supérieures. Vous devez observer ce précepte en témoignant votre respect au vicaire de Pierre. »
Enfin Bellarmin emprunte une dernière preuve de la primauté aux noms qui ont servi ou qui servent encore à désigner l'évêque de Rome". Quels sont ces noms? L'auteur des Controçerses en énumère quinze qui tous, dit-il, supposent évidemment la primauté. Ce sont les noms de : pape, c'est-à-dire père, père des pères, pontife des chrétiens, prince des prêtres, vicaire du Christ, chef de l'Eglise, fondement, pasteur du troupeau, recteur de la maison de Dieu, gardien de la vigne, père et docteur de tous les chrétiens, époux de l'Eglise, dignitaire du siège apostolique, évêque universel. Le plus souvent Bel-