‹ Histoire de la théologie positive (volume 2)Chapitre 225 sur 371 · Saint Grégoire, Ep. 5. 18; M. 77. 740; 5. 20, p · texte numérisé non relu

Saint Grégoire, Ep. 5. 18; M. 77. 740; 5. 20, p

248 LA PRIMAUTÉ DE l'ÉvÉQUE DE HOME.

ennemis de Rome qui rejettent la papauté, déclarent, eux aussi, avoir Tappui de la tradition, avoir Tappui de l'histoire. A Tenquête dont on met les résultats sous leurs yeux, ils opposent une contre-enquête à laquelle ils se sont livrés et qui, disent-ils, leur a fait toucher du doigt Tinanité des revendications pontificales. Ils allèguent des textes conciliaires, des textes patristiques qui, selon eux, nient la primauté ou, tout au moins, lui attribuent des origines humaines. Ils allèguent des faits qui confirment ces textes. La tâche de Tapologiste n'est donc pas achevée, quand il a démontré par l'histoire l'origine divine des prérogatives de l'évêque de Rome. Il doit encore ruiner l'ouvrage de ses adversaires et renverser leurs objections. Il doit détruire après avoir construit. C'est ce que l'ait Bellarmin.

Parmi les difficultés qu'il a à résoudre, deux ont leur source dans les conciles. Le vingt-huitième canon de Chalcédoine est formulé ainsi : « Les Pères ont, avec raison, accordé au siège de l'ancienne Rome la primauté, parce que cette ville était la capitale. Pour le même motif, les cent cinquante Pères (du concile de Constantinople) ont accordé une primauté égale au siège de la nouvelle Rome, estimant à bon droit que la ville dans laquelle résident l'empereur et le sénat et qui possède les mêmes prérogatives (civiles) que l'ancienne Rome impériale, doit être honorée comme elle sous le rapport ecclésiastique '. » D'autre part, le concile de Carthage de 418 a promulgué le canon suivant ^ : « Quand des prêtres, des diacres ou des ministres inférieurs ont à se plaindre d'une sentence prononcée contre eux par leur évêque, ils doivent, avec l'assentiment de l'évêque, s'adresser aux évêques voisins qui termineront le conflit. S'ils veulent aller plus loin, ils ne devront s'adresser qu'à leur primat ou à un concile d'Afrique. Quiconque fera appel à un tribunal d'outre-mer, sera hors la communion de toutes les églises d'Afrique. » Or ce canon est une réponse au pape Zosime, à qui s'était adressé le prêtre africain Apiarius,

Page 1