Can. 17. IIahduin, I. 92G. Voir IIkkixi
déposé pour son inconduite par l'évêque de Sicca, et qui avait demandé à l'évêque de rapporter sa sentence. D'où il suit que les Pères de Carthage — parmi eux se trouvait saint Augustin — ont interdit, sous peine d'excommunication, les appels des prêtres à Rome, et que les Pères de Chalcédoine ont attribué à la situation politique de Rome l'origine de sa primauté ecclésiastique. Que va répondre Bellarmin à ces deux objections ^
Il reconnaît que les Pères de Chalcédoine ont en effet donné de la primauté de Rome une explication purement humaine ^. Mais il oppose à leur jugement deux considérations qui lui enlèvent toute valeur. Il fait d'abord observer que le vingthuitième canon a été adopté à Chalcédoine en l'absence des légats apostoliques, et qu'il a été l'objet de vives réclamations, tant de la part de ces mêmes légats que de la part du pape saint Léon ^. Il signale ensuite deux erreurs d^ns le canon luimême. Les évêques de Chalcédoine ne se sont-ils pas avisés de dire que la primauté avait été conférée à Rome par le concile de Nicée? « Cette assertion est erronée, répond Bellarmin. Les Pères de ce concile n'ont pas conféré la primauté au pontife romain; ils ont constaté que cette primauté avait de tout temps existé à Rome. Et c'est ce qui est attesté par le début du sixième canon de Nicée : Ecclesia romana semper primatum hahiiit^. » Ce n'est pas tout. Les évêques de Chal-
1. Voici comment Calvin formule l'objection (4.7. 9, Lyon, 15G5, p. 520) « Plusieurs ont souvent appelé anciennement à l'évesque de Rome : lui aussi s'est efforcé d'attirer à soi la cognoissance des causes; mais il a esté toujours mocqué quand il a excédé ses limites... En Afrique, cette matière fut débatue par longue espace de temps. Car d'autant que le concile milevitain auquel assistait saint Augustin avait excommunié tous ceux qui appeleroyent outre mer, l'c'vesque romain mit grand'peine pour faire corriger ce décret et envoya des ambassadeurs pour remontrer que ce privilège luy avait esté donné par le concile de Nice. Iceux produisoyent certains actes qu'ils disoyent estre du concile de Nice, lesquels ils avoyent prins aux armoires de leur église. A quoi rasistent les Afri: cains, disans qu'il ne falloit adjouster foi à l'évesque romain en sa propre cause. »