‹ Histoire de la théologie positive (volume 2)Chapitre 262 sur 371 · SUPER HANC PETRAM AEDIFICABO ECCLESIAM MEAM · texte numérisé non relu

SUPER HANC PETRAM AEDIFICABO ECCLESIAM MEAM

Quand il eut tiré l'infaillibilité pontificale du célèbre texte de saint Luc, Bellarmin passa au texte de saint Mathieu \ et, après avoir rappelé que la petra doit être identifiée avec saint Pierre, il fit le raisonnement suivant : « Pourquoi le souverain pontife est-il désigné sous le nom de petra^ si ce n'est à cause de sa constance et de sa fidélité? Evidemment puisqu'il est pierre, il ne se brisera pas et ne se laissera pas aller à tout vent de doctrine. En d'autres termes, il n'errera pas dans la foi, au moins en tant que Pierre, c'est-à-dire en tant que souverain pontife. Et puis, il est le fondement d'un édifice qui ne peut s'écrouler. Si l'édifice est inébranlable, le fondement ne peut pas ne pas l'être. Le moyen, en effet, de comprendre qu'un fondement tombe en ruines et que l'édifice reste debout! Ce n'est pas le fondement qui emprunte sa solidité à l'édifice, c'est l'édifice qui emprunte la sienne au fondement. »

La discussion rationnelle de la /?e^/-<2 conduisait donc à l'infaillibilité. La discussion patristique donna le même résultat. Bellarmin demanda successivement à Origène 2, à saint Chrysostome ^, à saint Cyrille ^, à Théodoret ^, à saint Jérôme ^, à saint Augustin ^, à saint Gélase ^, à saint Grégoire le Grand ^ ce qu'ils pensaient de Idi petra. Origène répondit : «Il est clair, bien que la chose ne soit pas exprimée en toutes lettres, que les portes de l'enfer ne peuvent prévaloir ni contre Pierre ni contre l'Eglise. Si, en effet, elles prévalaient contre la pierre sur aquelle l'Eglise est bâtie, elles prévaudraient contre l'Église

Page 1