‹ Histoire de la théologie positive (volume 2)Chapitre 322 sur 371 · Dcf'ensio, 5. M · texte numérisé non relu

Dcf'ensio, 5. M

suprême dans l'Eglise. Et des disciples de Bellarmin croyaient voir dans ces deux actes la preuve que le concile de Constance était de leur côté. Bossuet, pour les tirer de leur illusion, expliqua que le concile avait attribué au pape l'autorité suprême dans l'Eglise [in Ecclesia Dei) et non sur TÉglise. Il fit surtout observet que l'arrêt porté contre la proposition de Wiclef était conçu en ces termes : « C'est une erreur si, par église romaine, il entend l'Eglise universelle ou un concile général, ou encore s'il entendait refuser au souverain pontife l'autorité sur les églises particulières. » Et il ajouta : « Voyez avec quelle circonspection les Pères de Constance et Martin V ont parlé ! Voyez comment ils ont soumis au souverain pontife, non pas l'Eglise. universelle, mais les églises particulières ' ! »

Quand le premier argument de l'école de Bellarmin lui parut suffisamment exécuté, Bossuet passa à l'autre moyen de défense pour l'exécuter à son tour. On prétend, dit-il en substance, que le décret de Constance a été condamné par les conciles de Florence et de Latran. Si l'on entend parler d'une condamnation proprement dite, on se trompe; pareille condamnation n'existe pas. Si l'on veut dire que ces deux dernières assemblées ont promulgué des décrets contraires au décret de Constance, on donne le fâcheux exemple d'opposer les conciles les uns aux autres. Pour nous, nous rejetons de tout notre cœur cette opposition. Si cependant nous devions admettre une opposition, ce ne serait qu en sacrifiant les conciles de Florence et de Latran. Ces deux dernières assemblées, avec le chiffre très réduit de leurs évêques, font bien maigre figure auprès du concile de Constance où, de l'aveu de Bellarmin, il y eut près de mille Pères et plus de trois cents évêques -.

On objecte encore qu'au moment où fut promulgué le décret en litige, le concile de Constance représentait seulement le tiers de l'Eglise. C'est faux. Sans doute, l'obédience de Jean XXIII y était seule représentée; mais cette obédience comprenait tous les

1. Defensio, 5. 15 : « En quam diligeiiter Constantienses Patres et Martinus y locutisunt : en ul ecclesias par ticul ares, non totam ipsani Ecclesiaui catholicam uno ore aliquid dccernentem, pontifici submiserint! »

Page 1