Defensio
cile général et représentant l'Église catholique, il tient immédiatement du Christ sa puissance à laquelle tout homme de quelque condition, de quelque dignité qu'il soit, même papale, est tenu d'obéir en ce qui concerne la foi, l'extirpation du dit schisme et la réforme de la dite Kglise dans son chef et dans ses membres. 11 déclare ensuite que quiconque refusera d'obéir aux décrets... de ce saint synode on de tout autre concile général légitimement rassemblé, de quelque condition et dignité qu'il soit, même papale... sera puni comme il le mérite... »
Voilà comment s'était exprimé le concile. Voilà le langage que l'illustre défenseur de la supériorité du pape sur les conciles voulait resteindre à l'époque du schisme. Bossuet repoussa cette interprétation avec une vigueur voisine de la violence. « Bellarmin, dit-il, qui est presque Tunique autorité des adversaires, prétend que le décret de Constance soumet aux conciles le pape douteux, c'est-à-dire quelqu'un qui n'est plus pape. 11 y a dans cette assertion une absurdité manifeste. Voit-on un concile qui déclare que lui et tous les conciles ont reçu immédiatement du Christ l'autorité sur le pape, et cela pour aboutir à mettre les conciles au-dessus de quelqu'un qui n'est pas pape? Il n'y a rien de plus absurde. D'ailleurs j'ai déjà noté que le cas d'un pape douteux qui, par conséquent, n'est plus pape... est très rare, puisqu'il s'est présenté une fois seulement depuis Notre-Seigneur. Ceci posé, voici mon raisonnement : Le concile de Constance n'a jamais employé des expressions très générales et très larges pour les appliquer à des cas extrêmement rares. Or, les formules quicumque, quacumque dignitate, cuicumque concilio dont s'est ici servi le concile, sont on ne peut plus générales. Le concile de Constance ne les a donc pas restreintes à un cas qui ne s'est présenté qu'une fois dans l'histoire '. »
Toutefois les Pères de Constance avaient condamné une proposition de Wiclef déclarant qu'il n'était pas nécessaire au salut de croire que l'Eglise romaine est au-dessus des autres églises. Ils avaient de plus enseigné que le pape a l'autorité