De republica ecclesiastica, (>. 5. 55 et suiv
2. De republica ecclesiastica, G. 5, n. 03 à lUo, p. Cdl et suiv.
gile. En revanche, le second concile d'Ephèse fat convoqué légitimement; il eut même l'assentiment du pape auquel Bellarmin tient tant, puisque des légats pontificaux y assistèrentc Pourtant l'histoire l'a qualifié de « Brigandage »... et il est flétri comme hérétique... Bellarmin allègue un canon ecclésiastique qui défend de rassembler des conciles en dehors du pape... Ce canon, quelle que soit sa valeur, ne traite pas de la convocation des conciles ; il dit seulement que Ton ne doit pas faire de concile général sans y appeler le pontife romain... Le pape Jules, dans la bouche duquel il est mis par les historiens Socrate et Sozomène, se borne à dire que, d'après l'usage, l'Église orientale consulte l'Église occidentale dans les affaires importantes... Gratien a introduit dans sa collection un canon analogue qu'il a mis sur le compte du pape Marcel, mais ce canon est apocryphe... Bellarmin objecte encore que le concile de Chalcédoine reprocha à Dioscore d'avoir convoqué un concile à l'insu du pontife romain... Mais d'abord ce reproche, qu'il dit avoir été fait par le concile de Chalcédoine, fut articulé par les légats du pape qui, en cherchant à grandir leur maître, firent ce que font tous les valets. De plus, Dioscore ne fut pas accusé d'avoir convoqué le concile d'Ephèse (il ne fut pour rien dans la convocation), mais de l'avoir présidé. De même le septième concile reprocha au synode rassemblé par Constantin Copronyme de n'avoir pas eu le pontife romain pour coopérateur. En d'autres termes, il dit que. ce synode ne pouvait être considéré comme universel, puisque le pontife romain n'y avait pas pris part. Bellarmin fait appel à la réponse des évêques du concile romain sous Théodoric... Je réponds que ce concile se composait seulement d'évêques italiens qui, voyant que l'évêque de Rome, leur patriarche, jouait déjà au monarque, s'efforçaient de rehausser son prestige... Bellarmin s'appuie sur la lettre du pape Léon à Turibe... Avec sa ruse ordinaire, il ne dit pas que Léon vise, non pas un concile œcuménique, mais un concile national d'Espagne et qu'il ne convoque pas ce concile, mais qu'il invite seulement les évêques espagnols à se rassembler où ils voudront pour discuter un problème posé par Turibe... Bellarmin s'appuie encore sur des lettres de Pelage II, de Sixte III, d'Adrien et de l'empereur Valentinien.
Je réponds que Pelage, pour écrire sa lettre, n'a pris conseil que des suggestions de l'orgueil... La lettre de Sixte III est apocryphe... Adrien est suspect et son autorité ne saurait contre-balancer celle des anciens pontifes qui ne parlaient pas ainsi... Quant à Valentinien, sa lettre nous prouve d'abord que les évêques n'osaient se rassembler en concile sans l'autorisation de l'empereur; elle nous apprend aussi qu'il permit aux évéques de se rassembler où ils voudraient, mais qu'il déclara vouloir rester en dehors de leurs controverses. »
Dans la thèse dont on vient de lire le résumé, Dominis ne faisait que reproduire les idées déjà émises par Calvin et les Centuriateurs. Mais il les appuyait sur une liste de témoignages qui n'avait jamais encore été dressée. Sa dissertation devait être presque le dernier mot de la théorie chère aux protestants et en général à tous les ennemis de la papauté. Un demi-siècle plus tard, Launoi écrivit huit lettres sur la convocation des conciles ^ Il y mit sur pied de véritables armées de textes, et quand on a la patience d'assister à l'interminable défilé des témoins qu'il produit, on recueille çà et là certaines dépositions qui ne manquent pas d'intérêt. On apprend-, par exemple, que le pape Célestin, dans sa lettre à Théodosc II, présente lui-même le concile d'Éphèse comme convoqué par l'empereur [haie synodo quam esse jussistis). On apprend •*
1. Au livre 6 des lettres : Epist. (>. 1 ad llaberlum Muinmorium, 6, 1 (sur la convocation du concile de Nicée) ; Epist, (3. 2 ad Haherlum Mommorlum, G. 2 (sur la convocation du concile de Constantinople de 381); Episl. ad Vuellum, G. '?> (sur la convocation du concile d'Ephèse de 431); Episl. (id Brayerum, G. 4 (sur la convocation du brigandage d'Ephèse et du concile de Chalcédoine); Epist. ad MarolUum, G. ô (sur la convocation du cinquième concile); Epist. ad Malatestam, 6. 6 (sur la convocation du sixième concile); Epist. ad Faium Spessacum, G. 7 (sur la convocation du septième Qo\\c\\Q)\U:ljyist. ad Samhoviu/n, G. 8 (sur la convocation du huitième concile); Epis, ad Bevilaquam, G. 12 (sur le canon rapporté par Socrate et Sozomène).
2. Ep. 6. 3. Extrait de la lettre de C('lestin à Théodose : « Huic synodo (|uam esse jussistis, nostram praesentiam in his quos misimusexhibemus. »
l). Ep. 6. 5. Launoi expose longuement les raisons «lui militent contre l'authenticité de la susdite lettre. On s'accorde aujourd'hui à la ran^^^iparmi les Fausses Di'crétales. Voici le texte en litige dont on a lu plus haut (p. 381) la traduction : « Generalium synodorum convocandi auctoritas apostolicae sedi beati Pétri singulari privilegio tradita est ».
que le célèbre texte de Pelage II, devant lequel Marc- Antoine avait éprouvé un embarras mal dissimulé, est un produit des Fausses Décrétales. On apprend ^ que le texte scripturaire : duo vel très congregati in nomine meo a été appliqué par les Pères à toutes les réunions chrétiennes et non aux conciles généraux. Mais ces rencontres sont peu nombreuses ^ On peut dire que presque tous les documents de quelque importance apportés par Launoi se trouvent déjà chez Marc-Antoine, et que la thèse de la convocation des anciens conciles généraux en faveur auprès des adversaires de la papauté, a fait peu de progrès depuis l'apparition de la République ecclésiastique. Elle n'en a fait aucun depuis Launoi. Quand on lit les dissertations de Fébronius ^ et d'Eybel, on n'y trouve que des résumés superficiels des travaux accomplis dans les siècles antérieurs.
Les théologiens orthodoxes, au contraire, firent plusieurs retouches de détail à la dissertation de Bellarmin. Déjà, au dix-septième siècle, Lupus ^ reconnut que le concile de Constantinople avait été convoqué par les soins exclusifs de l'empereur Théodose et que le pape Damase n'avait eu aucune part à cette affaire. Le contemporain de Lupus, le jésuite Labbe ^