De visibili monarchia, p. IH
royaume terrestre devait se mettre au service du royaume céleste. En formulant cette dernière maxime terrestre regnum caelesti regno famuletur, il laissa entendre que le ministre du royaume terrestre devait être soumis au ministre du royaume céleste. On doit donc admettre que c'est simplement l'humilité qui l'a poussé à s'appeler le serviteur de Maurice ^
Nous retrouvons la thèse de Sander dans les Contro{>erses de Bellarmin, puis dans les traités que le même apologiste écrivit contre Jacques d'Angleterre et Bardai^. Nous la retrouvons dans la Defensio fidei catholicae de Suarez^,et généra lement dans tous les écrits des théologiens dévoués au saintsiège. La déposition de Saûl par Samuel, la déchéance d'Ozias, le meurtre d'Athalie par les ordres du grand prêtre Joïada et aussi la révolte des Machabées contre Antiochus furent considérés comme des preuves bibliques du pouvoir des papes sur les rois. Dans le Nouveau Testament, le texte de saint Paul : Nescitis quod angelos judicabimus PQiianto magis saecularia? et surtout la parole Pasce oves servirent à appuyer la même thèse. Enfin l'attitude de saint Ambroise devant Théodose, la bulle de saint Grégoire le Grand en faveur du monastère de Saint-Médard, l'excommunication de Léon l'Isaurien par le pape Grégoire II, la déposition du roi Ghildéric par Zacharie, l'acte du pape Léon III transférant l'empire de Constantinople en France, furent présentés comme autant d'exemples de l'exercice du pouvoir en question. Seulement on insista plus encore que ne l'avait fait Sander sur la véritable origine de la juridic tion temporelle du pape. On expliqua que le pouvoir du souverain pontife sur les rois avait sa racine et sa mesure dans le salut des âmes, que ce pouvoir était, selon une formule trouvée par Bellarmin, non pas direct, mais indirect. Et l'on réfuta la thèse du pouvoir direct, selon laquelle tous les rois de la terre ou, au moins, tous les rois chrétiens tenaient leur autorité du