LE POUVOIR DES PAPES DA^'S L ORDRE TEMPOREL
a été poussé par un instinct divin, tout comme Phinées, tout comme Aod quand il tua Eglon, tout comme Moïse quand il tua rÉgyptien. Cet instinct divin a produit des actions admirables, mais qui ne doivent pas être proposées en exemples. Bellarmin objecte Thistoire d'Athalie et celle d'Ozias. Où veutil en venir avec Atlialie? Veut-il dire que les pontifes peuvent donner des ordres pour que l'on tue les rois? Telle n'est pas sa pensée. C'est pourtant ce que prouve son argument, ou bien il ne prouve rien. En réalité il ne prouve rien, parce que Athalie n'était pas la reine légitime et qu'elle s'était frayé le chemin du pouvoir par des meurtres et des parricides. Quanta Ozias, il fut, en effet, chassé par les prêtres, mais il fut chassé du temple et non du trône ^ .
On objecte l'histoire des démons envoyés dans le corps des porcs, ainsi que l'histoire d'Ananieetde Saphire. Ces faits, s'ils ont quelque portée, prouvent que les pontifes ont, de par leur charge, le pouvoir de faire des miracles. Or on est bien obligé de reconnaître qu'il n'en est rien. On a donc tort de les alléguer'^. On objecte encore l'endroit où saint Paul demande aux chrétiens de ne pas porter leurs différends devant les tribunaux païens. On oublie que l'apôtre n'autorise pas les chrétiens à se donner de nouveaux magistrats, mais qu'il leur conseille demployer l'arbitrage, ce qui pouvait se faire sans enfreindre les lois romaines. La vérité est que les adversaires n'ont aucun texte de l'Écriture pour appuyer leur théorie et qu'ils en sont réduits à recourir aux déductions, à des déductions erronées ^.
Jusqu'à Grégoire VII, aucun prince n'a été frappé de déposition. Il s'est rencontré de mauvais princes, tant païens que chrétiens. Mais l'Église a subi le joug des uns et des autres sans se révolter, même quand elle était persécutée par eux ^. A cela les adversaires répondent que l'Église s'est résignée, parce qu'elle n'était pas assez forte pour se révolter. Comment! Les apôtres et le Christ lui-même ont prêché la patience uniquement parce que les circonstances rendaient impossible l'attitude opposée.