Cap
'1. Lib. 2, cap. 1.
Voilà qui est glorieux pour le nom chrétien ! Quant à nous, nous croyons que l'Église était puissante, môme à Fépoque des persécutions, et que son obéissance ne s'inspirait pas de considérations politiques. C'est le moment de se rappeler ces paroles de Tertullien : « Est-ce que le nombre nous ferait défaut, si nous voulions, je ne dis pas faire une guerre d'embuscade, mais lever ouvertement l'étendard de la révolte? Les Maures, les Marcomans, les Parthes seraient-ils plus puissants que nous qui sommes répandus sur toute la terre ? Nous sommes d'hier, et déjà nous remplissons vos villes, vos îles, vos châteaux, vos camps, vos assemblées, le palais, le sénat, le forum : nous ne vous laissons que vos temples ! Quelle guerre ne pourrions-nous pas faire quand même nous serions en minorité! Quelle guerre, dis-je, ne pourrions-nous pas faire! Mais notre doctrine nous prescrit de souffrir la mort p utôt que de la donner. » Donc, au troisième siècle, l'Église aurait pu se révolter si elle avait voulu. Elle l'aurait pu surtout sous Julien l'Apostat. A cette époque, en effet, l'armée était chrétienne. On en eut la preuve quand Jovien, successeur de Julien, refusa l'empire parce qu'il ne voulait, disait-il, commander qu'à des chrétiens. Les soldats lui répondirent qu'ils étaient chrétiens, qu'ils avaient été élevés dans la vraie foi sous l'empire de Constantin et de Constance. On en eut encore la preuve quand, six mois plus tard, Valentinien, catholique notoire, qui avait même souffert pour la foi, fut élu empereur. Donc l'armée était chrétienne. Pourtant Julien put persécuter l'Église sans rencontrer de résistance i.
Notons aussi l'attitude de Gélase et celle de saint Grégoire à l'égard des empereurs Anastase et Maurice. Anastase persécute les catholiques. Gélase, pour l'amener à de meilleurs sentiments, lui écrit qu'il y a deux pouvoirs sur la terre, le pouvoir sacerdotal et le pouvoir royal, et que, comme les prélats doivent obéir aux lois édictées par l'empereur pour le maintien de l'ordre public, ainsi l'empereur doit obéir à l'Église dans les affaires religieuses. Donc, selon Gélase, l'empereur n'est subordonné au pouvoir spirituel que in sumendis ac dis-