‹ Histoire de la théologie positive (volume 2)Chapitre 44 sur 371 · De loc'is tlieolofjicis, i.l · texte numérisé non relu

De loc'is tlieolofjicis, i.l

OBSCURITÉ DE l'ÉCRITURE. 39

était donc vraiment obscure et elle ne pouvait, sans un secours étranger, nous livrer la doctrine chrétienne. Telle fut la thèse de Melchior Cano. Driedo \ Sander^, Stapleton^, Bellarmin'', prirent une autre voie et, négligeant le problème du canon, ou, du moins, le reléguant au second plan, ils s'attachèrent à mettre en relief l'obscurité du texte scripturaire lui-même. Laissons la parole à Bellarmin.

L'Écriture atteste elle-même sa propre obscurité. Elle l'atteste dans l'Ancien Testament où nous lisons des déclarations comme celles-ci : « Donne-moi l'intelligence et je scruterai ta loi. — Ote le voile de devant mes yeux et je considérerai les beautés de ta loi. — Projette sur ton serviteur les rayons de ta face et enseigne-moi tes lois ^. » Voilà comment parlait David qui, pourtant, connaissait toute l'Écriture de son temps et qui savait l'hébreu ! C'est le cas de dire avec saint Jérôme : « Quand un si grand prophète avoue son ignorance, quelle n'est pas la nôtre, à nous pauvres petits qui sommes encore à la mamelle^ ? » Le Nouveau Testament parle comme l'Ancien. Au dernier chapitre de saint Luc, nous voyons Notre-Seigneur expliquer les saintes Écritures à ses apôtres, qui pourtant étaient mieux à même que nous de les comprendre, puisqu'ils savaient l'hébreu. Au livre des Actes, nous entendons l'eunuque de la candace d'Ethiopie répondre à Philippe qui lui demande s'il comprend Isaïe : « Comment le comprendrai-je, si personne ne me l'explique? » Enfin saint Pierre lui-même déclare qu'il y a dans les épîtres de saint Paul « des choses difficiles à comprendre que les esprits ignorants et inquiets dénaturent" ». Et, notons-le bien, l'apôtre ne dit pas que les épîtres de saint Paul sont obscures seulement pour les esprits ignorants et inquiets; il laisse entendre qu'elles sont obscures pour tout le monde ^.

1. De eccleslasdcis scripturis et dofjmalibus, 2. 3 (Loiivain, 1533), p. 12;).

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