‹ Histoire de la théologie positive (volume 2)Chapitre 50 sur 371 · L'AUTORITÉ VIVANTE ET ENSEIGNANTE · texte numérisé non relu

L'AUTORITÉ VIVANTE ET ENSEIGNANTE

Puisque rÉcriture est obscure, puisqu'on ne peut connaître par elle ni la liste des livres qui la composent, ni le vrai sens de ses textes; puisque, d'ailleurs, elle ne contient pas toute la parole de Dieu et qu'il existe en dehors d'elle des traditions apostoliques, elle ne peut donc dirimer les controverses qui surgiront au sujet de la doctrine chrétienne, elle ne peut être notre règle de foi. Et si Dieu n'a pas confié à l'Ecriture la mission de nous éclairer et de nous conduire, à qui l'a-t-il confiée, sinon à un magistère vivant? C'est ce que, dès le seizième siècle, Driedo \ Melchior Cano ^ , Stapleton ^ et d'autres encore s'employèrent à démontrer. Toutefois, dans leurs dissertations, ou bien, à l'exemple de Melchior Cano, ils ne s'occupèrent que de la question du canon, ou bien, comme Driedo et Stapleton, ils ne surent pas échapper à une certaine confusion. Ici, comme souvent, Bellarmin fut le premier à ordonner des matériaux abondants suivant un plan nettement tracé. Après avoir établi par de multiples attestations l'obscurité de l'Ecriture, il aborda ce qu'il appela « la question du juge des controverses » [quaestio de judice conirovei^saram]^ et il démontra que « le juge du vrai sens de l'Ecriture et des controverses » devait être cherché dans une autorité ensei-

1. De ecclesiasticis scripturis et dogmatibus, II. 3, p. 127 et IV. 4, p. 560.

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