LETTRE DES « DIX-NEUF
damnables et comme appartenant à VAugastinus. Tous les évoques signèrent et firent signer le « Formulaire » ; mais plusieurs firent, sur la question de fait, des réserves qu'ils formulèrent parfois oralement et que, d'autres fois, ils consignèrent dans des procès-verbaux qui ne sortirent pas des greffes. Quatre prélats, d'humeur plus agressive, crurent que la vérité ne saurait être proclamée trop haut et ils apprirent aux fidèles dans leurs mandements que les décisions de lÉglise sur les questions de fait ne réclamaient pas l'adhésion intérieure de l'esprit. Dénoncés au pape par ordre du roi, ces quatre récalcitrants trouvèrent des défenseurs. Le premier décembre 1667, partait de France une lettre adressée à Clément IX et signée par dix-neuf évêques. C'était un plaidoyer destiné à justifier la conduite des prélats dénoncés. Et voici le langage que tenaient au pape ces dix-neuf évêques : « Qu'y a-t-il dans ces mandements qui s'écarte tant soit peu, ou de la règle de la vraie doctrine ou du respect dû au Saint-Siège ? Il s'était trouvé parmi nous des gens qui avaient publié ce dogme, jusqu'alors inouï, que l'on doit prendre pour infailliblement vrai ce que l'Eglise a décidé touchant les faits que Dieu n'a point révélés... Ces évêques, tant pour empêcher le cours de ce méchant dogme, que pour remédier aux scrupules de quelques-uns de leurs ecclésiastiques , ont cru devoir proposer clans leurs mandements la doctrine contraire, très commune et très certaine... Qu'y a-t-il en cette doctrine de contraire à la religion et d'injurieux au Saint-Siège? Ne sait-on pas qu'elle a été soutenue par les plus zélés défenseurs du siège apostolique, Baronius , Bellarmin, Pallavicini, et que c'est même ce qui la leur a fait embrasser avec plus d'attachement, qu'ils l'ont jugée nécessaire pour mieux établir l'autorité de l'Église dans la décision des dogmes de la foi et pour repousser les objections des hérétiques? Sil y a du crime en cela, ce ne sera pas le crime de ces prélats seuls, mais le crime de nous tous et même de toute l'Eglise. »
« Il y a même d'autres évêques, qui ne sont ni en petit nombre ni des moins considérables, qui ont fait la même chose qu'eux, ou par des mandements publics quoique non imprimés, ou, ce qui n'a pas moins d'autorité, dans des procès-verbaux qui sont