Textes cités dans : Enchirid
6. Ep. 217. 19, M. 33. 985; Enchirid. 99 et suiv., M. 40. 278 et suiv.
7. Enchirid. 103, M. 40. 280 : « Non lamon ideo debemus omnipotentissiniac Dei voluntati aliquid derogare, sed ita intelligerc quod scriptuni est : Qui onmes homines vull salvos fieri, tanquam diceretur nullum ho
Mais il fallait se mettre en règle avec le texte des EpUres pastorales. Il en proposa trois traductions. Dieu, dit-il, veut le salut de tous les hommes, ou bien en ce sens qu'il choisit ses élus dans toutes les nations, dans tous les âges, et dans toutes les conditions ; ou bien encore en ce sens que tous ceux qui sont sauvés, le sont par sa volonté, et que personne ne va au ciel sans qu'il l'ait voulu; ou bien enfin en ce sens qu'il nous inspire à nous le désir du salut de tous les hommes et qu'il nous demande de prier pour tous^ bien que notre prière ne doive pas être exaucée. « Qu'on l'entende comme on voudra, concluait-il, pourvu qu'on ne nous force pas à croire que le Dieu tout-puissant ait voulu qu'une chose fût, et que cette chose n'ait pas été. » « Comment, disait-il ailleurs, comment ose-t-on affirmer que la grâce est offerte à tous les hommes et que ceux-là seuls ne la possèdent pas qui l'ont rejetée ! On prétend appuyer cette assertion sur la parole de saint Paul : Dieu veut que tous les hommes soient sauvés. Mais ne voit-on pas que cette grâce est refusée à un grand nombre d'enfants, et que la plupart d'entre eux meurent sans elle? -Pourtant ils ne la refusent pas : parfois même leurs parents désirent la leur procurer et recourent vite aux ministres ; ceux-ci sont tout prêts ; néanmoins^ l'enfant meurt avant qu'on ait pu le baptiser. Evidemment Dieu ne voulait pas lui accorder la grâce. Il est clair que l'on fausse le sens des paroles de l'apôtre, quand on ne veut pas se rendre à cette vérité si manifeste. Oui, le sort des enfants qui meurent sans baptême prouve, sans réplique possible, que les êtres si nombreux qui sont privés du salut, le sont, non par suite de leur propre refus, mais par le refus de Dieu lui-même ^ . »
minem fieri salvum nisi qiiem fieri ipse voluerit, non quod nullus sit hominum nisi quem salvum fieri velit, sed quod nullus fiat nisi quem velit, et ideo sit rogandus ut velit : quia necesse est fieri si voluerit... Aut certe sic dictum est : Qui omnes homines vult salvos fieri, non quod nullus hominum esset quem salvum fieri noUet... sed ut omnes homines omne genus humanum intelligamus per quascunque differentias distributum, reges, privatos, nobiles, ignobiles..., mares, feminas, infantes... » Il ajoute : « Quocunque alio modo intellegi potest duin tamen credere non cogamur aliquid omnipotentem Deum voluisse fieri et non factum esse. » Voir encore : De correplione et gralia, 44 et 46, M. 44. 943 et 944; Contra Jul. 4. 42, M. 44. 759; De civitate... 22. 2, 1 et 2, M. 41. 753. 1. Ep. 217. 19, M. 33. 985.
En 429, Augustin apprit que certains moines de Marseille protestaient contre quelques-unes de ses assertions. Ces hommes vénérables, ardents adversaires de Pélag-e, croyaient sincèrement à la nécessité de la grâce ; toutefois ils estimaient que l'éveque dHippone avait tort d'étendre l'action de la grâce jusqu'à la foi, et surtout de refuser à Dieu la volonté de sauver tous les hommes. Selon eux, le secours divin était offert à tous sans exception et ceux-là seuls en étaient privés qui l'avaient rejeté; il exigeait donc certaines dispositions préalables ; or la foi était l'une de ces dispositions. L'auteur de XEnchiridion écrivit contre ces nouveaux adversaires le De praedestinatione sanctorum q\j\q Dedono perseveraniiae. Il se borna, du reste, à reproduire les textes que nous connaissons, et à les commenter dans le sens que nous savons. Arrivé devant la célèbre maxime des Epitres pastoi-ales, il fît l'observation suivante : « Supposons une ville où il n'y a qu'un maître d'école. Nous disons : ce maître enseigne à lire à tout le monde ; non pas parce qu'il fait l'école à tous, mais parce que tous ceux qui savent lire ne le savent que par lui. C'est dans le même sens que Dieu apprend à tous à aller au Christ^. » Quelques mois plus tard, le saint docteur quittait la terre pour se rendre dans un monde meilleur.
Saint Prosper^, saint Léon ^, l'auteur du De vocatione geiitiujn\ saint Fulgence^, saint Grégoire ^, le vénérable Bède ^, proclamèrent la nécessité de la grâce; ils englobèrent dans son action la foi elle-même ; ils empruntèrent à l'éveque d'Hippone ses autorités bibliques. On doit donc reconnaître que la théologie scripturaire de la grâce, au moins considérée dans