Gènes, lia., 5. 38, M
THÉOLOGIE scripïuraihe: l'angélologie.
au problème de la date de la création des anges ^ , à savoir : la solution de l'antériorité au monde sensible^, adoptée par presque tous les Pères grec^ ^ ainsi que par plusieurs Pères latins ; et la solution de la simultanéité, reçue dans l'Église latine depuis saint Augustin. Les partisans de l'antériorité firent parfois appel — c'est au moins le cas de Cassien^ — au texte de Job qui nous montre les anges applaudissant à la création des astres ^ Le pape saint Grégoire, au contraire, prouva la simultanéité par ces mots de l'Ecclésiatique : Quimanet in aeternum creavit omnia simuP'. Avant lui saint Épiphane — l'un des rares docteurs grecs qui aient rejeté l'antériorité — avait prouvé, par le premier verset de la Genèse, que les anges n'avaient pu être créés avant le ciel et la terre ^. Saint Augustin avait, lui aussi, invoqué la même autorité '^ .
Parmi les Pères antérieurs à saint Augustin, plusieurs crurent que les bons anges n'étaient pas irrévocablement fixés au bien et pouvaient commettre le péché. TertuUien confirma cette opinion par le texte de saint Paul : Pr opter angelos, et il conclut que les femmes devaient se voiler à l'église pour ne pas tenter les anges ^. Origène apporta les endroits de l'Apocalypse où les anges protecteurs des Églises d'Asie reçoivent divers
1. Voir : Turmel, Rex>ue d'Histoire et de Littérature ecclésiastiques, 1898, p. 408 et suiv.; 1899, p. 414 et suiv..
2. Saint Thomas, Summa. 1, 61. 3 ad 1, dit que cette doctrine est celle de tous les Pères grecs, mais il exagère un peu.
3. Collai., 8. 7, M. 49. 731. Après avoir cité ce texte, Cassien dit : « Qui ergo intersuntcreationi siderum, ante istud principium in quo factum dicitur coelum et terra, creati fuisse manifestissime comprobantur. »
4. Job. 38. 7. On le lisait d'après les Septante comme il suit : « Quando facta sunt simul sidéra, laudaverunt me voce magna omnes angeli mei. »