LA PRÉSENCE REELLE
pain : Ceci est mon corps, quel doute j)Ourrait-on concevoir? Et puisqu'il a dit : Ceci est mon sang, comment pourrait-on hésiter à croire que c'est son sang ^ ? » On connaît également ces paroles de saint Jean Chrysostome ^ : « Ce n'est pas un homme qui fait que les oblations deviennent le corps et le sang du Christ, c'est le Christ lui-même, lui qui a été crucifié pour nous. Le prêtre, en prononçant ces paroles, remplit un rôle ; mais tout se fait par la vertu et la grâce de Dieu. Ceci est mon corps, dit-il; voilà la parole qui transforme les oblations. De môme que la parole : Croissez et multipliez-vous , qui n'a été prononcée qu'une fois, continue de donner aux hommes la force de procréer des enfants; de môme cette parole, prononcée une seule fois, donne au sacrifice sa perfection, et cela sur tous les autels de toutes les églises, depuis l'origine jus- (ju'à la consommation des siècles. « Nous retrouvons la môme j)ensée dans saint Jean Damascène^. Et l'auteur du Traité de la foi orthodoxe, après avoir décalqué les expressions du grand orateur de Constantinople, ajoute : « Le pain et le vin ne sont pas la figure du corps et du sang du Christ. Loin de là î Ils sont son corps et son sang, attendu que le Christ a dit : Ceci est mon corps, et non : ceci est la figure de mon corps; Ceci est mon sang, et non : ceci est la figure de mon sang. »
Parfois néanmoins, ou même le plus souvent, les paroles de la cène n'ont été mentionnées que d'une manière accessoire. De là, certaines citations qui surprennent parleur laconisme ou par les observations dont elles sont accompagnées. Saint Irénée se borne à rappeler que le Seigneur désigna le pain comme son corps et le vin comme son sang '* : son but est de prouver que Jésus est le fils du Dieu Créateur, et non d'un autre Dieu étranger à ce monde. Tertullien, voulant démontrer à Marcion que le Christ s'est vraiment incarné, fait appel à l'eucharistie, sans prendre la peine de surveiller son style barbare et incorrect. On