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134 THÉOLOGIE SCRIPTURAIRE ; l'eUCHARISTIE.
rencontre donc sous sa plume les tours de phrases suivants qui, plus tard, soulèveront tant de polémiques : « Le Christ prit du pain, pour le distribuer à ses disciples, et il en fit son corps en disant : Ceci est mon corps, c'est-à-dire est la figure de mon corps K Même dans votre évangile, Dieu a appelé le pain son corps, pour vous faire comprendre qu'il avait donné au pain la figure de son corps ^. » Ailleurs, préoccupé, comme saint Irénée, d'établir que le Sauveur est le fils du Dieu créateur, il dit : « Le Christ n'a rejeté ni l'eau du créateur, dont il se sert pour purifier... ni le pain du créateur, au moyen duquel il représente son corps ^. w Saint Cyprien, se trouvant aux prises avec le schisme novatien, observe que le Seigneur donna le nom de son corps au pain formé de la réunion d'un grand nombre de grains, pour montrer que le peuple chrétien est son corps ^. Origène, qui met toujours au premier plan l'exégèse allégorique, nous apprend que, le corps du Sauveur étant sa doctrine, les paroles : Ceci est mon co7'ps, ont pu être appliquées au pain, parce que la fraction du pain est le symbole de la prédication évangélique distribuée aux esprits ^. Et saint Augustin qui, dans un endroit, dit que le Christ était « en quelque sorte porté dans ses mains » quand il prononça les paroles : Hoc est corpus jneum ^, explique ailleurs aux fidèles que, s'ils veulent comprendre ce qu'est le corps du Christ, ils doivent méditer ces paroles de saint Paul : Vos aulem estis corpus Christiet memhra ^.
1. Adx). Marc, 4.40, M. 2. 460: « ... Hoc est corpus meumûicendo, id es-t, figura corporis niei. »
2. Adv. Marc. ,3. 19, M. 2. 348 : « ... et hinc jam eumintelligas corporis sui figuram pani dédisse. »
3. Adv. Marc, 1. 14, M. 2. 262 : «... nec panem quo ipsum corpus suum repraesentat. »
4. Ep. 76. 6, M. 3. 1142 (ou mieux dans Hartel, Ep. 69. 5 : « Quando Dominus corpus suum panem vocal, de multorum granorum adunatione congestum, populum nostrum quem portabat indicat adunatum. »
5. InMatUu, tr.ult.,85, M. 13. 1734. — V. aussi : Macarius Magnes, ^^îocriacos, 3,23, dansBLONDEL, p. 106, Paris, 1876, et dans M. (patr.lat.)5.348ets.
6. In ps. 33, serm. 2. 2, M. 36. 308 : « Ipse se portabat quodammodo quum diceret : « Hoc est corpus 7neum. » Dans : serm. 1. 10, p. 306, il dit : « Ferebatur enim Christus in manibus suis quando commendans ipsum corpus suum addit : Hoc est corpus meum. »
7. Serm. 272, M. 38. 1247 : « Corpus ergo si vis intelligere, apostolum audi dicentem fidelibus .• Vos aulem estis corpus Christi et memhra. »